Sabine Huynh est romancière, poète, essayiste et traductrice littéraire. Elle anime des ateliers d’écriture créative depuis 2013.
D’où ça vient d’écrire ? D’où vient que ce que vous écrivez n’est pas ce que les autres écrivent ?
Michel Butor
J’ai vu l’ange dans le marbre et j’ai sculpté jusqu’à le libérer.
Michel-Ange

À partir du 11 février 2026 : L’autobiographie est-elle une fiction ? Atelier d’écriture hebdomadaire à l’Institut français de Tel Aviv. Durée : 8 séances de 1h30 chacune (de 18h00 à 19h30). Lieu : médiathèque de l’Institut français de Tel Aviv. Pour plus de renseignements, se rendre sur la page de l’Institut consacrée à l’atelier.

De 2013 à 2020 : ateliers d’écriture mensuels à Tel Aviv. Écrire son Tel Aviv à soi. Durée : 2 heures, à la Librairie du Foyer, la librairie française de Tel Aviv (de 19h00 à 21h00). Puis atelier de 4 heures (de 19h00 à 23h00) à la maison. Groupes de cinq-six personnes. Environnement chaleureux et confortable où chacun a pu trouver un coin pour écrire en paix. Je fournissais de quoi lire et réfléchir (des textes d’appui), à manger et à boire (collation végétarienne), les participants apportaient de quoi écrire (papier, stylo, ordinateur, tablette…), et nous lisions, discutions, cherchions, écrivions ensemble. Il nous est aussi arrivé de publier des textes dans des revues. Très belle expérience.
(…) je n’écris pas pour dire que je ne dirai rien, je n’écris pas pour dire que je n’ai rien à dire. J’écris : j’écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j’ai été un parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps près de leurs corps ; j’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture : leur souvenir est mort à l’écriture ; l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie.
Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance, L’imaginaire, Gallimard / Denoël, 1975, pp. 63-64.
(…) il faut continuer, je ne peux pas continuer, il faut continuer, je vais donc continuer, il faut dire des mots, tant qu’il y en a, il faut les dire, jusqu’à ce qu’ils me trouvent, jusqu’à ce qu’ils me disent, étrange peine, étrange faute, il faut continuer, c’est peut-être déjà fait, ils m’ont peut-être déjà dit, ils m’ont peut-être porté jusqu’au seuil de mon histoire, devant la porte qui s’ouvre sur mon histoire, ça m’étonnerait, si elle s’ouvre, ça va être moi, ça va être le silence, là où je suis, je ne sais pas, je ne le saurai jamais, dans le silence on ne sait pas, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer.
Samuel Beckett, L’Innommable, Les éditions de Minuit, 1953.
Reste qu’il faut bien trouver quelque motif d’écriture. Cela peut être dans le cours incroyablement chaotique, extraordinairement faramineux et donc définitivement romanesque du monde – vers quoi, un temps, je penchai –, mais on peut aussi chercher en soi, dans une certaine urgence sensorielle, dans sa mémoire affective, lorsqu’on finit par comprendre qu’on est porteur de bien plus que soi-même – et c’est plutôt la manière de faire de mes derniers livres.
Marc Villemain, entretien avec Brice Torrecillas.
Un auteur doit écrire dix heures par jour, deux pour écrire et huit pour corriger.
Horace, tel que cité par Antonio Lobo Antunes dans un entretien.
