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Tu amarres les vagues

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Tu amarres les vagues : (poèmes) paru chez Jacques Flament Éditions en février 2016, avec une préface d'Isabelle Pariente-Butterlin et des photographies de Louise Imagine.
 

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Tu amarres les vagues est un livre qui se lit doucement. Si seulement on accepte son invitation et si on y pense un moment, la douceur est une des choses les plus précieuses de ce monde. Il y a une façon de parler de l’enfance, et du lien à son enfant, qui est, sans mièvrerie et pleine de douceur, pleine d’extases minuscules et muettes devant la présence évidente d’un être dans le monde : une pure déclaration de confiance dans l’amour. [...] Sabine Huynh et Louise Imagine parlent avec une vraie délicatesse de l’intime de nous tous, nous qui avons été enfants. Elles nous murmurent l’enfant que nous avons été, que nous ne sommes plus et que cependant et tout à la fois nous ne cesserons jamais d’être. [...] Sabine Huynh a inventé des mots pour répondre aux éclats colorés de bonheur des photos de Louise Imagine. [...] Nous tenons au creux de nos mains, comme un caillou rond et lisse qu’on saisit du regard et de la main dans l’eau transparente, un livre qui rend heureux.

Isabelle Pariente-Butterlin 
 

Une lecture de Jeanne Orient : 

Au début, il y a comme l’acte de naissance :

« Entre ton père et moi des serments d’amour

scellés par l’eau des fontaines romaines

 

la bouche de la vérité le savait

tu viendrais… »



Puis il y a ce temps de pudiques confidences. Cette enfance de la « mère ». Sur d’autres vagues, d’autres langues. La langue natale.

Les langues apprises :

«  ta mère vient d’autres langues

une pour gémir et d’autres pour chanter… ».



Et s’enchaînent les mots pour l’enfant :

« C’est vrai je te l’avais dit

Pour que tu t’abandonnes aussi

tous les oiseaux dorment la nuit

et je ne t’avais pas dit que tout ce qui a des ailes

n’est pas forcément un oiseau »…



« Tu amarres les vagues », quel titre ! Il y a dedans tant d’images et ça n’a pas d’images. Il y a un miroir qui « réfléchit » la petite fille qui a grandi et qui a donné naissance à une autre petite fille porteuse de la première et porteuse de sa propre destinée. Alors il lui faut un « sac de survie » fait de mots et de photos.



De merveilleuses photos. Louise Imagine donne une évasion à chaque photo. Rien n’est figé jamais. Ce ne sont pas des photos d’album souvenirs. Ce sont des photos de mouvements. Un mouvement de rencontre entre la mère et la mère, entre la mère et l’enfant, entre l’envie d’amarrer et la vie qui va « prendre ».



Et il y a les mots de Sabine Huynh. Elle « délivre » sans livrer. Que livrer à cette part en devenir. Une enfant, son enfant est en marche pour prendre la vie :

« Mes sept-lieues à talons te fascinent

tu chausses les navires de ton père

sans savoir que t’appartiendra un jour la liberté absolue

de risquer ta vie quand tu voudras ».



Il y a du temps encore. Mais il faut commencer « à parler » en mots et en photos... À tout « exposer » en bordure des vagues. Elles le font si bien Sabine et Louise.



Isabelle Pariente-Butterlin en préface, nous prévient : « C’est un livre qui se lit doucement ». Elle nous dit aussi, cet : « infiniment rassurant à savoir que la mer continue son mouvement calme et que les enfants continuent de courir à la frontière de l’écume ».



Et puis cette dédicace sans ambages : « À Camille et Orlane ». Tout est à elles, les mots, les photos et pourtant, tout semble à nous. À ce que nous avons été, à ceux que nous avons « élevés », à ceux que nous « élevons »… et un peu à cette part de soi lucide, un peu inquiète et pourtant heureuse.



Et le tout avec Jacques Ancet qui murmure en arrière fond :

« J’écris pour ne pas te perdre,

garder l’enfance qui déjà t’abandonne… ».

 

Jeanne ORIENT (auteure du roman Accident de soi)



 

 
 
 
 
 
 
Je suis condamnée à écrire pour presque dire.
I am doomed to write and never quite say it.

 
Copyright © Sabine Huynh 2011-2016
Sauf indication contraitre, textes et photographies © Sabine Huynh