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La sirène à la poubelle

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fugitlasirene
 
 
Parution le 18 mars 2015 aux éditions E-Fractions, dans la collection Fugit XXI.
 
Au départ, un blog écrit directement en ligne (Un jour sur deux, entre juillet et novembre 2014, à Tel Aviv, merci à ceux qui l'ont lu alors), ce texte est republié dans son intégralité par les éditions E-fractions sous le titre La Sirène à la poubelle : texte écrit durant la « guerre de Gaza » et partageant le vécu des habitants de Tel Aviv, mes angoisses de mère, et mes questions sans réponses. Il contient des réflexions sur ce conflit, sur sa couverture par la presse, sur la vie à Tel Aviv et en Israël, sur la littérature et la poésie que j'aime, sur la guerre, la paix, la vie, la mort, l'amour... et il est agrémenté de photos que j'ai prises à Tel Aviv.
 
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C’est la même franchise à empoigner le réel à hauteur de femme, la même honnêteté à accepter l’impossibilité d’un discours clair et univoque, quand on s’attache à dire les choses au plus près du vécu, « dans la fièvre du réel ». Entreprise poétique autant que politique, ce courageux journal est un témoignage minuscule, et donc capital, sur le quotidien des « gens », adultes et enfants, amis et inconnus, croisés dans les rues d’un Tel-Aviv multiculturel et coloré, dans les abris, résignés et sans haine… L’auteur accepte de ressasser sa peur, son incompréhension, nous faisant pénétrer à l’intérieur de sa tête et de ses doutes [...] Livre engagé – dans la gangue du réel, auquel elle est exposée, mais où elle creuse « comme un mineur de fond », pour tenter de « saper les fondations de la désinformation », il faut lire, sans délai et sans a priori, ce journal de guerre – pour que la prise de risque de Sabine Huyhn dans cette entreprise puisse servir. (Extrait de la note de lecture de Marilyne Bertoncini, poète et traductrice, pour La Cause littéraire.)
 
 
Refusant de toutes ses forces, tendue à rompre au bord d’un gouffre de bêtise convenue et d’absurdité qui juge toujours en mode « automatique total », d’accepter la tragique équation « pro-palestinien = anti-israélien », prétendant traquer la simplification qui mine tout, ici et ailleurs, Sabine Huynh, dans le désespoir vertigineux qui la guette alors au quotidien, s’appuie sur l’arme suprême, d’autant plus puissante qu’elle est si aisément raillée par les pragmatiques bien-pensants et furieusement desséchés, celle de la poésie en action.  (Extrait de la note de lecture du libraire et chroniqueur littéraire Hugues Robert, qu'on peut lire sur son blog Charybde 27.)
 
 
Trouver les mots justes pour simplement dire que nous sommes tous des hommes, que le seul souhait des hommes c’est la paix. Une écriture riche de diverses réflexions, autour des conflits, de l’histoire, de la poésie, etc. Elle nous permet aussi de connaître encore un peu plus Sabine Huynh qui n’hésite pas à dévoiler ses pensées de la façon la plus sincère qu’il soit. Ce qui fait la force des textes de Sabine Huynh, n’est-ce pas justement cette grande sincérité, cette honnêteté, autant que sa générosité et son engagement auprès de la poésie ? Vivre la vie à Tel Aviv en ces jours de guerre à travers les mots de Sabine. Vivre, en tremblant, cette page d’histoire et mieux la comprendre à travers les yeux d’une amie, sa vision qui n’est pas celle vendue par les médias (Extrait de la note de lecture de la poète Cécile Guivarch, rédactrice en chef de la revue Terre à ciel, où l'on peut lire le reste de la note).
 
 
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À écouter :
Entretien radiophonique pour Kol Israel, mené par Jacqueline Behar.
 
Entretien radiophonique sur Radio Aviva 88FM, avec l'éditeur, Franck-Olivier Laferrère, lors de la 30ème édition la Comédie du livre à Montpellier (repère 7, juin 2015).
 
 
À visionner :
Entretien télévisé pour Un Livre Un Jour 2.0, mené par Delphine Japhet (France 3 Télévision).

 
 
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Extrait  de La Sirène à la poubelle :
 

En rentrant chez moi aujourd’hui, j’ai vu une mariée poser sur un boulevard, une petite fille rêveuse sur une balançoire, un dog-sitter promener six chiens en laisse, une femme casquée en patin à roulettes, un petit garçon aux cheveux longs portant un ballon de basket sous le bras, un accordéoniste en pantalon rayé, un groupe de six jeunes filles espagnoles en robes d’été, un groupe d’enfants et leurs glaces dans un jardin public, deux hommes la main dans la main, un vélo rose bonbon, un vélo bleu ciel, un vélo vert pomme, un vélo zébré, des chats en train de filer une femme coiffée d’un fichu noir, une jeune femme à bicyclette, son dos caché par un étui de violon recouvert d’une housse en crochet multicolore. J’ai vu une araignée grise courir se cacher sous une pierre. J’ai vu des taxis, j’ai vu des autobus, j’ai vu des autobus exploser. Non, ça s’était il y a une douzaine d’années, quand je vivais à Jérusalem. Et je revois cette sculpture exposée au Mont Hertzl, le « mont de la mémoire » : la carcasse d’un autobus. Reproduction ou véritable carcasse blanchie à la chaux ? Je ne l’ai jamais su. J’ai éclaté en sanglots en la voyant de loin. Je n’ai pu m’en approcher, l’émotion qui m’étreignait était trop puissante. J’ai baissé les yeux, je me suis enfuie. Mais je n’ai jamais oublié.

 

Les morts, les morts, vos visages me hantent jour et nuit. Je refuse ce comptage auquel on vous soumet et qui vous dissout. Vous êtes de plus en plus nombreux, c’est impensable. Qu’elle est laide cette balance à morts qui vous réduit à de la viande que les journaux avarient. J’aimerais connaître l’histoire et le nom de chacun d’entre vous. Pauvres familles. Une amie poète et professeur de littérature au département d’anglais de l'université de Tel Aviv m’a suggéré que nous nous organisions entre écrivains et poètes pour proposer des ateliers d’écriture thérapeutiques aux enfants du sud d’Israël et de Gaza, une fois la guerre terminée. Des ateliers dans lesquels chacun écrirait sur ce qu’il ressent, « pas sur la politique », a-t-elle précisé. Une idée fabuleuse, puisse-t-elle être réalisable. Une fois la guerre terminée... Que signifient ces mots ? Que va-t-il se passer encore ?

 

J’ai peur, je l’avoue, j’ai très peur – l’apanage d’être encore en vie, merci – mais je dois m’efforcer de ne pas laisser cette peur me durcir le cœur et modifier ma vision de la vie. 
 
 
 
Ce titre est disponible à l'achat sur le site d'E-fractions (3,99 EUR) : La Sirène à la poubelle.


 

 
 
 
 
 
 
Je suis condamnée à écrire pour presque dire.
I am doomed to write and never quite say it.

 
Copyright © Sabine Huynh 2011-2016
Sauf indication contraitre, textes et photographies © Sabine Huynh