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Avec vous de jour-là / Lettre au poète Allen Ginsberg (éd. numérique)

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Avec vous ce jour-là/Lettre au poète Allen Ginsberg (Recours au poème éditeurs, nov. 2014).

Un pèlerinage : d’un cœur l’autre

            Nombreux sont les exemples des auteurs qui ont écrit une lettre – comme texte ou livre publié – à un autre écrivain, chacun avec ses mobiles et ses raisons. Mais en quoi la lettre de Sabine Huynh est-elle particulière ? Quel enjeu ? Après une première approche, lecture presque affective, tant les pages sont vives et (é)mouvantes, nous nous posons la question : pourquoi cette lettre ?
            Bien sûr, question à ne pas se poser, mais je me la pose et j’y réponds, ou du moins j’essaye.
Je pense que nous avons plutôt affaire à un texte mise au point personnelle et historique : celle d’un poète face à un autre, et de tous les deux dans l’Histoire. Se situer face à soi-même (à un moment précis de la vie) et se situer face au monde (littéraire) au même moment). Pas facile : quel angle « trouver » pour que tout ne semble pas faux ou faussé ?
            Sabine Huynh a « choisi » un chassé-croisé, même si le locuteur reste silencieux en apparence ; paradoxalement, il y répond, par ses livres et son existence. Nous assistons à  un avancement zigzagué entre des moments intimes et historiques concernant chacun des deux auteurs, moments qui seraient « communs », ou similaires, ou semblables, ou avec la même charge existentielle ou portée littéraire. Des COINCIDENCES réelles ou imaginaires – rencontres réelles ou celles des livres seulement – qui durent des minutes ou des années – mais qui NE CESSENT PAS.
            C’est cette permanence peut-être, des croisements de deux destins, qui est « fixée » dans ce livre.
            Il faut dire aussi que la rencontre de Sabine Huynh avec Allen Ginsberg a eu lieu réellement à Lyon, il y a plusieurs années, au moment où elle n’avait pas encore lu ses livres. Et l’importance de cette rencontre est prouvée par ce livre : la découverte de ses recueils et leur lecture lui a « confirmé » son propre chemin d’écrivain. Elle y a trouvé des appuis pour persister dans ce qu’elle avait déjà commencé : sa propre écriture.
            Cette réponse-témoignage, du moment de cette rencontre, en 1993, à la question de Sabine Huynh, « J’écris aussi de la poésie. Vous pouvez me donner un conseil ? » : « Il faut être conscient qu’il y a le réel et le vide. Il y a le réel, nanti de songes. Il faut être précise, vous m’entendez ? ».
            Bien sûr qu’Allen Ginsberg n’a pas été le seul écrivain qui a compté et compte pour Sabine Huynh, mais pourquoi est-ce lui qui l’a marquée le plus ?
            Peut-être par l’histoire personnelle d’Allen Ginsberg, qui, comme je le disais plus haut, à beaucoup d’égards, est semblable à celle de Sabine Huynh.
            Je pense surtout que nous avons affaire, à propos de tous les moments historiques évoqués et invoqués, propres à Allen Ginsberg et à Sabine Huynh, à ce qu’Ernst Bloch décrivait comme « un emboîtement synchronique de temporalités différentes, qui participent à fonder les représentations identitaires des groupes sociaux. »
            Mais il faut sortir du contexte de la pensée d’Ernst Bloch – pour qui cet emboîtement de temporalités était source de conflits, pour dire que dans ce livre nous assistons à une HARMONIE (paradisiaque !) de ces temporalités différentes, spécifiques pour chacun des deux écrivains.
            Ces moments de l’histoire et de l’Histoire qui de loin n’ont aucun rapport les uns avec les autres, trouvent, grâce à la pensée et la traversée existentielle de Sabine Huynh, des moments de coïncidence(s) heureuse(s). Même s’ils n’ont pas vécu les mêmes choses, cet emboîtement temporel et ce télescopage permanent, à la fois violent et en douceur, leur donnent valeur de dénominateur commun.
            Sans aller jusqu’à dire que les deux existences, des deux écrivains, nous représenteraient tous et complètement, il y a cette évidence, qu’à travers cette histoire du TEMPS ou du moins DES MOMENTS COMMUNS, chacun d’entre nous peut se trouver des similitudes avec les autres (écrivains), et surtout avec un seul autre. UN AUTRE avec lequel un dialogue peut s’instaurer (sans que l’autre soit obligé d’y répondre). Et ce dialogue est surtout possible parce que non seulement l’autre est semblable à soi, mais surtout parce qu’il est (très) différent !
            Nous avons aussi affaire à de nombreuses pérégrinations. A voir la vie et l’œuvre d’Allen Ginsberg. A voir la vie et l’œuvre (déjà !) de Sabine Huynh.
            Nous assistons à des pèlerinages aussi, mais chacun des deux ayant (eu) ses lieux, physiques ou affectifs, de prédilections.
            C’est un livre des divagations aussi – quittant de temps en temps le fil droit de la lettre, Sabine Huynh nous donne des détails de sa vie et sa propre création qui finalement nous font comprendre ce que je disais tout au début : l’écrivaine était dès le début sur son chemin.
            C’est, enfin, un livre de l’impossible : expliquer pourquoi l’attraction, l’intérêt, l’amour même ou la passion pour quelqu’un et son œuvre ! Le livre d’un pèlerinage d’un cœur l’autre, du cœur de Sabine Huynh à celui d’Allen Ginsberg. Celui d’un amour sans retour apparent ( !) mais les livres mêmes de l’auteur américain seraient cet amour donné à rebours et à son insu !
Sanda Voïca, Paysages écrits.

Un poète peut-il changer la vie d’un être humain ? Celui d’une femme, par exemple ? À lire Avec vous ce jour-là, lettre que Sabine Huynh adresse à Allen Ginsberg, il semble bien que la réponse soit OUI. Livre numérique publié par Recours au poème éditeurs, Avec vous ce jour-là / Lettre au poète Allen Ginsberg est un saisissant hommage adressé au poète américain mort à New York le 5 avril 1997. Mais c’est aussi une très émouvante lettre de remerciements. Une lettre en creux d’où émerge, sur fond de partages et d’expériences de vie, de poésie américaine et d’engagements poétiques, la belle personnalité de Sabine Huynh. Comment rester indifférent(e) à ce qui lie la poète d’aujourd’hui au poète d’hier ? Comment ne pas se laisser happer par ce tressage habile où la sensibilité de l’un éclaire celle de l’autre ? À part égale. Car la générosité qui guide la poète est de l’ordre de celle qu’elle a rencontrée chez le poète américain. De l’ordre du don. Et la lettre qu’elle adresse, depuis Tel Aviv, à Ginsberg, le 1er juillet 2014, est aussi de cet ordre. Angèle Paoli, Terres de femmes. Lire la suite ici.

Sabine Huynh cette fois nous entraîne sur les sillons d’Allen Ginsberg. « Essai-lettre-confession-commentaire » : le parcours du poète est retracé avec passion. On ressent la forte proximité qui la relie à l’écrivain Ginsberg, dont la rencontre a été un événement pivot dans la propre histoire de poète de Sabine Huynh. Cette proximité tient de coïncidences (comme des dates d’anniversaire), de la réflexion commune aux deux auteurs sur le monde (comme la question du Vietnam), des souffrances maternelles. Sabine décortique certains poèmes d’Allen Ginsberg, montre comment l’un nourrit l’autre. Elle donne beaucoup de références (Tsvetaïeva, Whitman, Dostoïevski, Bonnefoy, Cohen, Atwood, Ko Un) et c’est pour notre plus grand plaisir. Elle aborde les questions du conflit israélo-palestinien, de l’identité juive. On en apprend sur Ginsberg mais également sur le parcours de Sabine, sur l’écriture, la poétique, la recherche sur la langue. « J’ai trouvé en vous un compagnon de route invisible, un ami imaginaire, plus secret qu’imaginaire en fait. »
Une très belle lettre où l’auteur exprime toute sa gratitude. « Merci d’avoir délié nos langues. Merci d’avoir soutenu le droit fondamental de s’exprimer et d’écrire sans inhibition. » « Votre voix est une présence vive, un cœur qui bat au sein de mon existence. » A lire, de toute évidence. Cécile Guivarch, Terre à ciel.

Sabine Huynh use du prétexte de la « lettre à » (quelle lettre !), pour écrire d’un même élan un témoignage et une biographie pleins de sentiment, d’émotion. Que l’on connaisse ou non Allen Ginsberg serait presque indifférent tant la force du texte réside dans la parole même de l’auteur,  dans sa capacité à dire, dans sa manière de dire, plus encore que dans ce qui est dit. « L’écriture devrait être don de soi » écrit Sabine Huynh, dont la force est précisément dans ce geste, acte d’intimité immédiate, absolue. Olivier Bastide, Dépositions.

Entre exercice d'admiration et récit biographique, une très belle lettre-livre adressée à Ginsberg, croisé presque par hasard en 1993 à Lyon. Parce que des rencontres importent même si elles sont brèves. Parce que des échos sous-tendent les vies. Sabine Huynh parle d'elle à travers Ginsberg et de Ginsberg à travers d'elle puisque le rapport à autrui est avant tout un rapport intime. Merci pour ce texte, Sabine. N'étant toujours pas équipé de liseuse, j'ai mis un temps fou avant de m'y attaquer et je m'y suis plongé avec délice hier soir. C'est un texte important, qui exprime parfaitement ce que l'on cherche dans la rencontre avec un auteur, qui pose de belles questions sur l'identité, aussi. Éric Pessan

Superbe lettre de Sabine Huynh à Allen Ginsberg. La sincérité de sa poésie, dit-elle, l'a bouleversée, "à jamais". C'est exactement comme cela que j'ai lu le grand poète Beat américain, jadis, à 18 ans. Des poèmes qui m'ont, moi aussi, appris à marcher, à respirer et à hurler, pour me libérer de la souffrance et m'ouvrir à la beauté et au mystère du monde. Je partage entièrement le point de vue de Sabine Huynh : AG, dont nous avons admiré le souffle subversif et libérateur, nous a aussi appris que "l'amour pouvait et devait vaincre, parce qu'il était pardon et paix". Magnifique formule. Bruno Sourdin

Évoquant leur fragilité respective, tant émotionnelle que physique, leurs enfances et adolescences bouleversées, la missive se fait biographie. Ainsi les tentatives de suicide, la présence de Naomi puis la mort de la mère d’Allen Ginsberg, occupent une place importante dans la lettre, reflétant l’importance que celle-ci avait dans la vie du poète. De nombreuses références littéraires (Sylvia Plath, Rimbaud, Whitman, Burrough, Kerouac, Valéry et tant d’autres) enrichissent leur parcours et le contenu de la missive. Le contenu de cette lettre est si riche que l’on serait tenté d’en dire trop. Marie-Josée DESVIGNES, La Cause littéraire. Lire la suite ici

Touché par le lien existant, évident, qui a besoin de se regarder de plus près pour exister en conscience et trouver plus de sens encore. Touché par l'autobiographie qui se construit pudiquement en creux. Touché par l'hommage existentiel (et non seulement intellectuel et/ou sensible) à un poète ô combien précieux dans notre époque dangereuse. C'est un beau témoignage de ce que l'acte de lire (et d'écrire) peut apporter dans une vie troublée. Merci. Pierre Guéry

« La poète qui vit là-bas » a écrit une longue lettre à celui qu’elle a eu la chance de rencontrer et nous donne un très beau texte : Avec vous ce jour-là (Recours au poème, 2014), sa lettre à Allen Ginsberg. Vous devriez vite la lire, cette lettre. Franck Queyraud

C'est une longue lettre de 85 pages, datée du 1er juillet 2014 que Sabine Huynh adresse à Allen Ginsberg. Une lettre à un destinataire qu'elle a eu la chance de rencontrer quatre ans avant sa disparition. Ce n'est pas une lettre ordinaire. Ce texte, comme elle le dit elle-même est une « lettre-essai-confession-commentaire », mais elle est bien plus que ça, on s'en rend très vite compte. C'est une lettre écrite pour être donnée au monde, lancée dans l'univers avec amour, admiration et le profond besoin de partager ce sentiment d'appartenir à une même communauté d'âme, qui d'emblée s'ouvre sur ces mots : "Cher Allen Ginsberg. Merci d'avoir écrit.", et se termine sur les mêmes. Une lettre qui peut se lire comme une déclaration d'amour et qui prouve s'il fallait encore le redire combien l'écriture se transporte au-delà de nos vies et de celles de nos auteurs disparus, qui rappelle combien les mots peuvent être salvateurs, comment l'écriture, la poésie, la littérature, nourrissent et guérissent parfois. Et, c'est bien de cela qu'il s'agit, Sabine Huynh réussissant ainsi à relier Allen Ginsberg à tous ceux qui ont été un jour transportés comme elle par l'oeuvre de ce grand poète « juif, américain, homosexuel, russe... athée, pacifiste, bouddhiste, chanteur, musicien et davantage... Abondance de talents, personnalité multitudinaire, homme extraordinaire... » et tous les autres qui le découvriront.
M.-J. DESVIGNES, Autre monde. Lire la suite ici.
La lettre de Sabine Huynh est à géométrie multiple, comme le sont généralement les lettres, dans la liberté où elles sont de n’être pas a priori un genre littéraire. Il s’agit tout autant, d’une biographie (d’une autobiographie en miroir ?), d’un essai mais passé par le filtre du récit personnel, de l’ordre des confessions, que d’un commentaire ou témoignage, une lecture le l’œuvre de Ginsberg en regard de sa vie. S’y multiplient les points de rencontre, que ce soit à l’occasion d’une lecture publique quelques années avant sa mort, moment qui devait devenir déterminant, que par l’œuvre, lue en profondeur, assimilée ou les coïncidences de dates, folie maternelle, métissage culturel et cultuel. Après ça vous vient une furieuse envie de retourner voir dans votre bibliothèque Howl, dont vous apercevez la tranche, de lire enfin Kaddish.
Jérémy LIRON, Les Pas perdus. Lire la suite ici.
Je reste sous le choc de l'émotion de ce très beau texte de Sabine Huynh, cette lettre devrais-je dire, qu'elle écrit à Allen Ginsberg. Quelle délicatesse, quelle justesse d'émotion ! J'aimerai à mon tour écrire une lettre à Sabine et lui rendre tout le bien qu'elle nous offre en nous laissant le lire par-dessus son épaule. Ah, si nous faisions preuve d'autant d'attention et de simplicité sur les oeuvres et les auteurs qui nous ont prêté vie, comme nous nous élargirions plus justement à ce que nous sommes ! Je ne parle pas seulement du travail critique, nécessaire et utile, mais cette grande ouverture du coeur qui tisse le lien même qu'est l'éternité.

Et puis, il y a en prime, ce cadeau de parcourir à nouveau l'oeuvre de Ginsberg par les yeux de Sabine Huynh. Je retrouve par son intermédiaire le choc que fut ma lecture du "Kaddish for Naomi Ginsberg", de "Howl" et d'un grand nombre de poèmes dont le dernier dit à Présences à Frontenay : At Apollinaire's Grave, traduit par Nicolas Idier (tiens, chère Sabine, nous pourrions prolonger l'évocation par des parallèles entre Apollinaire et Ginsberg).

Encore merci pour ce très beau texte, ce grand trait lumineux d'amitié poétique qui féconde et nous élargit.

Permettez-moi pour finir de citer quelques extraits qui m'ont marqué :
- « Souvent je me suis mentalement exclamée « ah ! » devant vos vers. Ce son ouvert et euphorique qui constitue la colonne vertébrale de votre voix n’en finit pas de résonner dans ma vie. »
- ce mot de Ginsberg vous interpelant : « Il faut être conscient qu’il y a le réel et le vide. Il y a le réel, nanti de songes. Il faut être précise, vous m’entendez ? »
- « Les guerres défigurent et nous obligent à reconstruire. Elles parviennent, par la mort, à réaliser ce que nous échouons à faire dans la vie. » (Camille de Toledo, cité par Sabine)
- « Ce texte-ci – essai-lettre-confession-commentaire –, a pour but de vous exprimer ma gratitude, pour vos textes »
- « Votre voix est une présence vive, un cœur qui bat au sein de mon existence. »
- « J’ai trouvé en vous un compagnon de route invisible, un ami imaginaire, plus secret qu'imaginaire en fait »
- « vouliez-vous dire par là que Dieu est recouvert d’idées qui empêcheraient de l’appréhender ? »
- « Dans Kaddish nous nous reflétons, vous y montrez nos âmes démunies, égarées ; vous tentez de rassembler les éclats dispersés de notre vulnérabilité. »
- « C’est cette recherche de purification, dans la réconciliation entre la souffrance et l’amour, la douleur et la joie, que j’admire dans votre œuvre, et qui la rend tellement humaine. »

Et encore cette méditation qu'ouvre ces simples mots :
« poésie de l'outside », poète « législateur non reconnu du monde » (Adrienne Rich)... et d'autres encore.

A découvrir dans Avec vous ce jour-là / Lettre au poète Allen Ginsberg, paru chez Recours au Poème éditeur.

Écouter l'entretien radiophonique que Sabine Huynh a accordé à la journaliste Jacqueline Behar pour la radio Kol Israel, dans les archives du site de la radio (cliquer sur la langue, "français", puis, sous "info en français", cliquer sur le symbole + rouge et enfin sur la date et l'heure de l'entretien, soit "03.01.15 20:00"). 
 
Avec vous ce jour-là / Lettre au poète Allen Ginsberg est republié par les éditions MaelstrÖm reEvolution (Bruxelles) en avril 2016, pour les 90 ans du poète.

 
 
 
 
 
 
Je suis condamnée à écrire pour presque dire.
I am doomed to write and never quite say it.

 
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Sauf indication contraitre, textes et photographies © Sabine Huynh