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Les colibris à reculons

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 Once you have tasted flight,
you will forever walk the earth with your eyes turned skyward,
for there you have been,
and there you will always long to return.
 
(Leonardo da Vinci)

 

★ En l'air là-haut, c'est là que demeure ta racine, là, en l'air.
Là où le terrestre se met en boule, terreux,
souffle et glaise.
 
Grand
marche là-haut l'exilé, le
 brûlé : l'enfant de Poméranie, chez lui
dans la Chanson du Hanneton, qui est restée maternelle, estivale, clair-
fleurie en lisière
de toutes les syllabes abruptes,
froides-durcies
d'hiver.
 
(Paul Celan)
 
 
 

Les colibris à reculons (poèmes de Sabine Huynh, craies noires de Christine Delbecq)

Paru aux éditions Voix d'encre en septembre 2013.

 

Chroniques :

 

***Une lecture de Ludovic Degroote, poète, dans le Cahier Critique de Poésie du cipM (centre international de poésie de Marseille), décembre 2014.

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***Une lecture d'Isabelle Lévesque, poète et directrice de la revue Diérèse (avec Daniel Martinez), dans Terres de femmes (mars 2014). 

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***Une lecture de Cécile Guivarch, poète et directrice de la revue Terre à ciel, dans Terre à ciel (février 2014).

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***Une lecture de Matthieu Baumier, poète et rédacteur en chef de la revue Recours au poème, dans Recours au poème (février 2014).

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***Une lecture du chroniqueur littéraire Frédéric Fioletti, dans son incontournable blog La marche aux pages (février 2014).

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***Une note de janvier 2014 de la poète Kyoko Uchida.
 
A January 2014 brief review by the wonderful poet Kyoko Uchida.

I am completely taken by the the quiet, spare simplicity of language, the lush calm of the landscape in the first section, the dissonance of the later poems of dislocation, the stark music of loss. The physical beauty of the book -- not only the artwork but also the white space around the poems, the truncated lines -- is quite breathtaking, too. Especially striking are the distinct and shifting moods in the different sections, the precision of language that draws out, in just a few words, complex and sharply contrasting tones, flashes of dark and bright, the frenetic urgency of "Et si la source de mon être / était ailleurs que dans l'effarement de l'arrachement ?" against the held-breath ambivalence of "Nous sommes / sur le seuil / de notre séparation" -- and all threaded throughout with a quiet aching.

J'ai été totalement subjuguée par la langue, simple, intimiste ; la luxuriance et le calme des paysages de la première partie ; la dissonnance des poèmes finaux sur la dislocation ; et la musique crue de la perte. La beauté de l'objet-livre -- non seulement les peintures, mais aussi le blanc qui englobe les poèmes, les vers tronqués -- coupe également le souffle. Les modes distincts et changeants des différentes parties sont particulièrement saisissants, ainsi que la précision du langage qui met à jour, juste en quelques mots, des tons complexes et extrêmement contrastés, des flashs d'ombre et de lumière, l'urgence frénétique de "Et si la source de mon être / était ailleurs que dans l'effarement de l'arrachement ?", face à l'ambivalence rentrée de "Nous sommes / sur le seuil / de notre séparation " -- et le tout est tissé d'une douleur sourde. 

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***Une note du 18 décembre 2013 de la poète, éditrice, traductrice et critique littéraire Claudia Azzola, directrice de la revue milanaise de traduction poétique internationale TraduzioneTradizione : A December 2013 brief review by Claudia Azzola, poet, editor, translator and literary critic, director of the Milano-based international poetic translation journal TraduzioneTradizione :

Les Colibris à reculons... I like the collection: the incessant moving, trembling, flying, erring from one continent to another, not walking with a heavy foot but "sailing" on the wings of all species of birds, included one built in metal, alluminium, a fake bird flying over Asia onto France with the siblings on board. The birds transmit the idea of lightness, but at what cost? The exile, absence, silence, nostalgia, "l'errance commence dedans", the unknown reality, "...entre le connu et l'inconnu / le nécessaire et le surplus/ les chauves-souris volent en rond / les colibris à reculons". These latter are the only winged ones who "volent sur place / s'activent dans l'insuffisance....", the same as the exiled who is expected to live in a réalité moyenne (intermediary) (now I think in French).
I like the style, light although dense, loaded with heritage but doing without the excess of memoirs, painting details so as to stock in memory just the significant images who represent a whole life. Not completely over, but transported to the new abode(s), a treasure for rebirth.
My congratulations for an apparently light book which contains the whole span of life, with its half realities, and the untold.
 
Les Colibris à reculons... Le recueil me plaît : le mouvement incessant, le frémissement, le vol, l'errement d'un continent à l'autre, pas en marchant d'un pied lourd mais en "voguant" sur les ailes de toutes sortes d'oiseaux, y compris un oiseau fait de métal, d'aluminium, un oiseau factice survolant l'Asie en direction de la France, la fratrie à bord. Les oiseaux transmettent cette idée de légèreté, mais à quel prix ? L'exil, l'absence, le silence, la nostalgie, "l'errance commence dedans", la réalité inconnue, "...entre le connu et l'inconnu/ le nécessaire et le surplus/ les chauves-souris volent en rond / les colibris à reculons". Ces derniers sont les seuls êtres ailés qui "volent sur place / s'activent dans l'insuffisance....", tout comme l'exilé dont on attend qu'il vive dans une réalité moyenne, intermédiaire (et voilà que je pense en français maintenant).
Le style me plaît, léger et dense à la fois, chargé d'héritage mais sans les excès des mémoires, dépeignant dans les détails afin que la mémoire ne retienne que les images les plus importantes d'une existence entière. On ne se remet pas complètement, mais on est quand même transporté vers une (des) nouvelle(s) demeure(s), un trésor où renaître. 
Toutes mes félicitations pour un livre apparemment léger qui contient en fait la durée de toute une vie, avec ses réalités en demi-teinte, et ses non-dits.
 
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***Une lecture de la poète Sabine Péglion, pour la revue Terres de Femmes (octobre 2013).

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Comme un colibri

 

je vole dans tous les sens

 

sans répit

 

portée par le souffle

 

de nouveaux chants

 

si une langue il me faut choisir

 

sans demeure je suis.

 

 

 

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Quatrième de couverture 
 
Ces poèmes peuvent se lire comme une topologie de l’exil, dans le sillage des drôles d’oiseaux qui les traversent : pies silencieuses, oiseaux oniriques, effarés, grèbes errants, hérons cendrés hébétés, corbeaux orchestrant l’aube, fous pélagiques hurleurs, oiseaux aux œufs hors normes, oisillons qui migrent déjà...

Et parmi eux, des colibris, les plus petits oiseaux de la planète, les plus rapides et les plus entêtés aussi, les seuls à pouvoir voler à reculons, ou la tête en bas, à faire du sur-place... comme les immigrés et les immigrants, ces pollinisateurs polyglottes sans lesquels nulle fleur n’éclorait. Toujours dans l’urgence, au bord de la rupture, leurs ailes battant inlassablement dans l’immensité du monde et l’effort de la survie. Infatigables par nécessité, ils volent dans tous les sens et sans répit car leur vie en dépend, même dans l’obscurité, même les ailes brisées.

Ils volent à reculons, en rêvant d’un retour improbable vers un pays d’origine de timbres-poste ; l’en-avant et le retournement dans le même élan de survie, où bourdonnent des histoires d’exil, singulières et universelles, qui n’ont de sens que dans la renaissance.

(Sabine Huynh)

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Toute sa vie avoir dans la tête

un Viêt-Nam de timbres-poste

 

des images-mystères

paisibles

bicolores

 

à l'odeur douceâtre

de colle Cléopâtre.

 

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Lire d'autres extraits

«  La graphie poétique en définitive se décrit, se raconte et se figure elle-même en ce qu'il faudrait appeler sa solitude d'encre (comme on parle d'un noir d'encre) : son manque de corps, son défaut de contact, son toucher sans contact (celui de la plume sur le papier).

Autobiographie du poème : celle de son impuissance à prendre corps, autobiographie d'une absence (celle-là même qui explique peut-être que le texte lyrique se retourne tant).  » (Jean-Michel Maulpoix, La poésie, autobiographie d’une soif (notes de travail, en ligne)

 
 
 
 
 
 
Je suis condamnée à écrire pour presque dire.
I am doomed to write and never quite say it.

 
Copyright © Sabine Huynh 2011-2016
Sauf indication contraitre, textes et photographies © Sabine Huynh