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La mer et l'enfant

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O little mother,
I am in my own mind.
I am locked in the wrong house.
 
(Anne Sexton)
 
 
Écrire, c'est blesser la mer avant qu'elle ne nous emporte.
 
(Frédéric Fiolof)
 
 
On est toujours plus ou moins exilé : du ventre de sa mère,
ensuite de toute la famille, puis du lieu, du souvenir.
(Elie Wiesel)
 
 
« J’écris pour me vulgariser, pour me massacrer, et ensuite pour m’ôter de l’importance, pour me délester : que le texte prenne ma place, de façon que j’existe moins. Je ne parviens à me libérer de moi que dans deux cas : par l’idée du suicide et par celle d’écrire. […] Vous savez quelque chose ? Je ne pense pas avoir jamais connu personne sans que je me sois posé cette question : les gens, quand ils n’écrivent pas, que font-ils ? J’ai une secrète admiration pour les personnes qui ne le font pas, et je ne sais justement pas comment elles le peuvent. […] L’écrivain a deux vies : une, celle à la surface de soi, qui le fait parler, agir, jour après jour. Et l’autre, la véritable, qui le suit partout, qui ne lui donne pas de repos ».
Marguerite Duras, La passion suspendue, entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre, traduit de l’italien et annoté par René de Ceccatty (Seuil, janvier 2013, 187 pages).
 

LA MER ET L'ENFANT, éditions Galaade (mai 2013) (English follows French)
 
(livre pré-sélectionné pour le Prix du Premier Roman en 2014 au Festival du Premier Roman de Chambéry)
(pre-selected in 2014 for the First Novel Award of Chambéry First Novel Festival)
 

« THE SEA AND THE CHILD »

Genre : fiction

Author: Sabine Huynh (BIO)

Publisher: Galaade Editions (Paris, France)

Publication date: May 2013

Language : French (not yet available in other languages, please contact the publisher if interested, thanks)


 
La mer et l'enfant est un journal intime fictionnel qui peut être lu comme une longue et douloureuse lettre d'une mère à sa fille, qu'elle n'a pas vue pendant trente ans. C'est le monologue fictionnel d’une femme devenue mère et enfermée dans une solitude extrême, la menant à la folie... Une femme qui essaie d'échapper à son destin... Une femme pour qui vivre revient peu à peu à (s')écrire en train de se regarder s'éteindre...
 

SYNOPSIS OF « THE SEA AND THE CHILD »: Magda and Estelle are mother and daughter but are totally unknown to one another, since Magda disappeared from Estelle's life when the child was but one year old. However, the mother reappears thirty years later, within her personal diary, in which she adresses her daughter and tells her about her past, her relationship with her own parents --an abusive mother and a father whose mother was killed during the Holocaust--, her rejection of motherhood, the psychiatric ward, and finally their last summer spent together, in the town of Saint-Clair, where everything capsized. Her prose is not devoid of literary references and reflexions, since Magda is a literary translator.

« The sea and the child » is a diary novel, or a novel written in the form of a personal diary: a fictional diary which can also be read as the long and painful letter of a mother to her daughter, whom she has not seen for thirty years. It can also be seen as the fictional monologue of a woman who turned into a mother and found herself locked up inside extreme solitude, leading her to insanity... A woman who tries to escape her destiny... A woman for whom living has been reduced to writing (and re-inventing herself)...  
 

Excerpts read par Sabine Huynh on June 15, 2013, at the Marguerite Audoux library (Paris), during the literary event La Nuit Remue 7, and published in the summer issue of  Remue.net. Sound and videos here.

Radio interview in French of Sabine Huynh by journalist Jacqueline Behar, broadcasted on radio Kol Israel on 28/12/2013.

 
Read more: blog Hop: The Next Big Thing about"The Sea and the Child".
 
Stay on this page and scroll down for the book reviews.
 
 
 
 
 
 


You won't find any confession in this book, no other truth than the truth of writing, which has become the last thread and viaticum the narrator has found to try and pull herself out from the void.
(Marie-Christine MASSET, Phœnix, October 2013)

Nul aveu, nulle vérité autre que celle de l'écriture, fil, ultime viatique pour s'extraire du vide.  (Marie-Christine MASSET, Phœnix, oct. 2013)

Written in a simple and bare style, this confession is made all the more disturbing and worrying. It leads us onto the shaky path that separates sanity and insanity, the madness of a woman subjected to the madness of her so-called persecutors. [...] Sabine Huynh delivers with her first novel a terrible and poignant story. (Romain VERGER, L’Anagnoste, 16/09/2013) 

Dans un style sobre et dépouillé, cette confession n'en est que plus inquiétante et dérangeante, car elle nous fait cheminer sur le fil incertain qui sépare la raison de la folie, la folie d'une femme de celle de ses prétendus persécuteurs. [...] Avec ce premier roman, Sabine Huynh livre un récit terrible et poignant. (Romain VERGER, 16/09/2013)

 
Autres critiques / Other Reviews 
 
2013
 
Dans la revue de poésie et de critique littéraire Terres de femmes : « Il ne me restait plus que la mer »par Angèle Paoli. 
 
Sur le blog littéraire l'Aquarium vertLa mer et l'enfant de Sabine Huynh, par Claire Laloyaux.
 
Dans la revue Page : La Mer et l'enfant, par Anne-Françoise Kavauvea.
 
Sur le blog littéraire La marche aux pages : La mer blessée de Sabine Huynh, par Frédéric Fiolof.
 
Sur le blog de Marc Villemain : Sabine Huynh - La mer et l'enfant, par Marc Villemain.
 
Dans la Quinzaine littéraire du 1er juillet 2013 : La faute des mères, par Marie Etienne.
 
Sur le blog de Jeremy Liron, Les pas perdus : Lectures d'été.
 
Dans L'Anagnoste : Sabine Huynh, La Mer et l'enfant - Mater Dolorosa, par Romain Verger.
 
Dans la revue Phœnix : Sabine Huynh, L'enfant et la mer, par Marie-Christinet Masset.
 
 
 
Extraits de critiques / Review Excerpts (English follows French) 
 
Certains livres happent et avalent leurs lecteurs, d'autres leur sautent à la figure, dans tous les cas ce sont des livres dangereux, qui laissent un sillon brûlant dans la mémoire. La Mer et l'enfant est de ceux-là. Quand on l'a commencé, on ne le lâche pas, on est tenu entre ses pages, tiré jusqu'à la fin, inéluctablement. Un roman policier sans police, avec peut-être un meurtre et une enquête sans enquêteur, sans détective. L'enquêteur est l'auteur, les indices qu'elle rassemble et qu'elle scrute ne sont pas matériels mais d'un autre ordre : psychologiques et mémoriel. [...] Le livre est très violent, il est aussi très généreux puisqu'il répond au non-amour par une tentative de découverte de soi, de l'autre. [...] C'est un premier roman. Et il promet ! (Marie ETIENNE, La Quinzaine littéraire, 01/07/2013)
 
Some books grab and swallow their readers [...] these are dangerous books, they leave a burning trace in the readers’ memory, The Sea and the Child is one of those. Once you have started reading it, you cannot stop, you are held by its pages, and pulled, dragged, to its end, inescapably. It is a detective novel without a detective, and with a murder, maybe. The detective is the author, and the clues she gathers and examines are not material but psychological and memorial. [...] This book is very violent, it is also very generous, since it answers to the absence of love with an attempt to discover oneself and the other. [...] This is an extremely promising first novel! (Marie ETIENNE, La Quinzaine littéraire, 01/07/2013) 
 
 
Pourquoi écrire et pour qui ? Si l’écriture est au cœur de La Mer et l’Enfant, c’est qu’il y a urgence pour Sabine Huynh, auteure de ce premier roman, à provoquer la question obsédante de la filiation. Et si le désamour maternel se transmettait de mère en fille comme se transmettent d’une génération à l’autre le poids de l’Histoire et les malheurs, les fantômes qui hantent les fibres et charrient avec eux le dégout de la vie ? Privée du visage aimant d’une mère, de son sourire, de sa tendresse rassurante, une femme ne peut qu’être impuissante à donner à son enfant ce qu’elle n’a pas jadis reçu de sa propre mère. L’aveu de cette impuissance nourrit le journal que Magdalena, la narratrice de ces pages, adresse, trente ans plus tard, à sa fille qu’elle ne connaît pas : Estelle, un leurre de papier, à qui confier l’histoire qui les lie l’une à l’autre et à jamais les sépare. [...] De ce premier roman, dont l’écriture n’hésite pas, dans sa violence, à mettre au grand jour tous les rouages sous-jacents, le poids de l’Histoire et des histoires sert de ferment et de levier. Tous deux impossibles à congédier définitivement. (Angèle PAOLI, Terres de femmes, sept. 2013)
 
Why do we write? And who do we write for? Writing is at the heart of The Sea and the Child because Sabine Huynh, author of this first novel, has felt the urge to provoke the obsessive issue of filiation. What if the absence of maternal love was passed from mother to daughter, the way the weight of History, tragedies, haunting ghosts and disgust with life were passed from generation to generation? Robbed of the loving face, smile and reassuring tenderness of a mother, a woman finds herself unable to give her child what she never received from her own mother. The confession of this helplessness is at the core of this diary that Magdalena, the narrator, addresses, thirty years later, to a daughter she doesn’t know: Estelle, a paper lure, a delusion, in whom she confides the story that both bounds them to one another and separates them. [...] In this first novel, the writing does not hesitate, in its violence, to expose all of its underlying machinery, and its ferment and lever are made of the weight of History and histories, that can never be permanently dismissed. (Angèle PAOLI, Terres de femmes, Sept. 2013)  
 
 
Construit à la manière de carnets d’écriture, il fait se succéder des fragments d’une existence déchirée, perdue entre l’enfance de la narratrice, Magdalena, sa vie de jeune femme confrontée à une maternité (réelle ou fantasmée ?) qu’elle déteste, par peur d’aimer, et sa survie précaire, trente ans plus tard. Parfois étonnamment prosaïque comme si elle affichait son impuissance, l’écriture est subordonnée au déséquilibre psychique de Magdalena : à ses insuffisances et à son échec à combler un trou dans la mémoire alternent de soudaines inconsciences, déconstruisant la chronologie et amenant le lecteur à douter de ce Magdalena lui confie, à lui mais aussi à ce carnet prénommé Estelle comme l’enfant, et dépositaire d’une parole restée sans écoute. (Claire LALOYAUX, L'Aquarium vert, 20/05/2013)
 
Written in the way writing notebooks are, the novel offers fragments of a torn existence, torn and lost between the narrator (Magdalena)’s childhood, her life as a young woman facing a hated motherhood (real or fantasized?) – because she is afraid of love –, and her precarious survival, thirty years later. Sometimes the writing gets astonishingly prosaic, as if the narrator was heralding her helplessness via the words, but most of the time, it is subjected to her psychological unsteadiness and disorders: her failure to fill up her memory lapses alternates with sudden states of unconsciousness that deconstruct the chronology of the book and lead the reader to start having doubts about Madga’s sincerity, and to feel distrust about what she confides to the reader but also to this notebook named Estelle, after the child, a notebook which acts as a vessel for a voice nobody ever cared to listen to. (Claire LALOYAUX, L’Aquarium vert, 20/05/2013) 
 
 
Écrire peut-il combler le vide absolu ? La Mer et l’enfant, premier roman de Sabine Huynh, adopte la forme d’un cahier intime que scandent dix-huit jours non datés. La question du temps y est cruciale, en effet. Magda, la narratrice, se trouve dépossédée de son passé, de son présent et de son avenir. Héritière d’une histoire familiale tragique, elle porte comme un fardeau le prénom de sa grand-mère gazée à Auschwitz ; enfant rejetée par sa mère, elle se sent incapable d’instiller de l’amour dans la relation qu’elle entretient avec sa fille. Privée ensuite de cette enfant, qu’elle a abandonnée sur une plage déserte alors qu’elle-même s’enfonçait dans les flots, elle tente désespérément d’ouvrir une brèche dans le mur de l’absence par les mots déposés sur le papier. Texte poétique, serré et désespéré, ce beau roman nous immerge dans un réseau d’émotions violentes : et si la page blanche était le seul espace de liberté, si la vie n’était possible qu’à travers l’écriture qui permet d’inventer et de se réinventer ?
(Anne-Françoise KAVAUVEA, La Page des libraires, 29/05/2013)
 
Can writing fill up absolute void? The Sea and the Child, Sabine Huynh’s first novel, is written in the form of a personal diary fragmented into eighteen days which are not dated. Time is a crucial topic here. Magda, the narrator, finds herself robbed of her past, her present and her future. She inherited a tragic family history, and she bears as a burden her grand-mother’s first name, who was gassed in Chelmno. As a child who was rejected by her mother, she feels unable to instil love in the relationship she has with her daughter. Then, dispossessed of the child, which she abandons on a deserted beach before trying to drown herself in the sea, she desperately attempts to make a dent in the wall of absence by the means of written words. This beautiful, poetic, dense and desperate novel, submerges the reader in a network of violent emotions: what if the blank page was the only space of freedom, what if life was only possible through writing, which allows us to invent, and to re-invent ourselves at will? (Anne-Françoise KAVAUVEA, La Page des libraires, 29/05/2013) 
 
 
Traductrice et poète d’origine vietnamienne installée depuis une quinzaine d’années à Tel Aviv, Sabine Huynh signe, avec La mer et l’enfant, son premier roman. Un roman où seul le souffle d’une mémoire éreintée, déchirée, tient lieu de fil narrateur et qui joue tout à la fois avec les codes du récit, du journal et de la missive. Mais le jeu n’est pas ici un art formel de la construction : l’écriture de Sabine Huynh, dans la parole de sa narratrice, semble au contraire portée par une certaine forme d’immédiateté, d’empressement à dire. Une écriture que traverse un effet d’urgence. [...] Comme chez Duras, écrire revient ici à écrire autour du vide, au bord du vide. Dans La mer et l’enfant, le miracle de la résilience n’aura pas lieu. La parole de Magda ne l’absout pas plus qu’elle ne la sauve, mais elle apporte peut-être à l’effondrement de son existence un frémissement et un écho qui lui appartiennent enfin en propre. Ecrire, c’est blesser la mer avant qu’elle ne nous emporte. (Frédéric FIOLOF, La marche aux pages, 25/06/2013)
 
Translator and poet of Vietnamese origin, Sabine Huynh lives in Tel Aviv for about fifteen years. She signs, with The Sea and the Child, her first novel, a novel whose narrative is held only by the breath of an exhausted and torn memory, and which plays at the same time with the ropes of narration, diary writing and letter writing. But here, what is at stake is not the formal art of story telling: on the contrary, Sabine Huynh’s writing seems to be carried by a certain form of immediacy, an eagerness to tell. This is about “emergency writing”. [...] As with Duras, here, writing boils down to writing around the void, on the edge of the void. In The Sea and the Child, the miracle of resilience will not happen. Magda’s words neither absolve her, nor do they save her, but they may have brought to the collapse of her life the quiver and the echo it was missing. In this book, writing is about hurting the sea before it takes us away. (Frédéric FIOLOF, La marche aux pages, 25/06/2013)
 
 
On entre dans ce petit livre sans guère de prudence ; sa couverture, son titre, charrient un je ne sais quoi d'un peu attendu : aussi ne s'attend-on finalement à rien, ce qui est bien la meilleure façon d'entamer une lecture. Puis on découvre les premières pages, leur écriture délibérément banale, sans arêtes ni dissonances, rien qui n'accroche vraiment à l'oreille ; c'est encore le temps de l'attente, l'auteur ne fait pas dans la tonitruance. Mais une petite tension s'esquisse, une lointaine odeur de désamour, de culpabilité, de paranoïa, alors on commence à s'intriguer, on se met à jouer le jeu de ce journal intime, de cette vraie-fausse lettre d'une mère à sa fille dont elle est sans nouvelles depuis trente ans - cette enfant qu'elle demeure à sa mémoire, et dont elle dit qu'elle est "sa peau de chagrin". Quelques pages plus loin, ce mot : "Un jour, un enfant apparaît, et une femme commence à disparaître." A partir de là, et même s'il me manque un peu de pouvoir identifier une écriture, je commence à comprendre : l'auteur écarte tout effet pour ne conserver qu'un rythme : celui d'une voix, d'un esprit qui fonctionne en saccades, d'une âme qui cherche son oxygène. (Marc VILLEMAIN, 02/07/2013)
 
The reader enters this little book without suspecting that it will take him off guard. The cover, the title, bear some kind of deja vu, therefore, the reader has no real expectations, which is the best way to start a book. Then he reads the first pages: the deliberately prosaic style bears nothing dissonant or hurtful to the ear; the reader is still waiting for something to happen. The author’s voice is everything but booming. But little by little, tension begins to be detectable, alongside with a faraway smell of absence of love, some guilt, paranoia... Enough to pique the reader’s interest, and to make him believe in this personal diary, this real/false letter a mother writes to her daughter, whom she has been estranged from for the past thirty years – this child who lives in her memory, and which she calls “my wild ass’s skin”, “ma peau de chagrin”, to refer to something that is bound to melt away, that is progressively and ineluctably being reduced. A few pages later, the following words, “One day, a child appears, and a woman starts disappearing.” From then on, [...] I start to understand: the author has pushed away stylistic effect in order to maintain a pace: the pace and rhythm of the voice of a jerking mind, of a soul grasping for air. (Marc VILLEMAIN, 02/07/2013) 
 
 
Dans un style sobre et dépouillé, cette confession n'en est que plus inquiétante et dérangeante, car elle nous fait cheminer sur le fil incertain qui sépare la raison de la folie, la folie d'une femme de celle de ses prétendus persécuteurs. [...] Avec ce premier roman, Sabine Huynh livre un récit terrible et poignant. (Romain VERGER, 16/09/2013)
 
Written in a simple and bare style, this confession is made all the more disturbing and worrying. It leads us onto the shaky path that separates sanity and insanity, the madness of a woman subjected to the madness of her so-called persecutors. [...] Sabine Huynh delivers with her first novel a terrible and poignant story. (Romain VERGER, L’Anagnoste, 16/09/2013) 
 
 
"Il y a un fond atroce, un infanticide que l’on devine, que l’on finira par situer dans une scène de folie sur une plage. Et puis cette question des espaces qui deviennent des lieux étanches, de la tête à l’appartement et ce lieu loué à côté où on a déposé ses propres fantômes et le lieu indéfini d’où est parti le père et la maison de santé et le lieu écrit auquel on confie et, propre de l’écriture, retourne en lui-même les lieux réels pour leur donner le statut instable de la fiction.
Sabine à lu La Traversée, fiction que j’ai publié l’année dernière et il m’amuse de trouver entre nos deux livres une même présence de la folie, de la fuite avec présence (plus discrète chez moi puisque renvoyée en préface alors qu’ici centrale) de l’enfant ou plus exactement de la maternité (ou paternité)." (Jeremy LIRON, Les pas perdus, 14/08/2013)
 
The core of the story is atrocious: the killing of an infant, which the reader guesses, and eventually locates on a beach, during a scene of madness. And one should also mention the spaces that turn into sealed places, from one’s mind to one’s appartment, and that rented place next door where the ghosts have been stored, and the indefinite place where the father left from, and the psychiatric ward, and the written space in which one confides, and, proper to writing, which goes back to the real places in order to give them the unstable status of fiction. [...] insanity as a central topic, as well as escape from motherhood. (Jeremy LIRON, Les Pas perdus, 14/08/2013) 
 
  
"On est happé par les mots, on lit de bout en bout, on ne s’arrête pas, on lit d’une traite. Car l’écriture de Sabine Huynh nous entraîne et tangue comme en pleine mer. C’est la mère qui écrit et c’est parfois à mi-mots, elle ne dit pas tout, ne se livre pas d’un coup et c’est bien pour cela que cela nous tient en haleine. On ressent dès les premières lignes que quelque chose s’est passé, mais on n’arrive jamais à savoir vraiment quoi, même si on se forge nos propres idées. En effet, Sabine Huynh revient toujours à un point de départ, quelque chose qui s’est passé dans un même laps de temps, un même lieu. De nouveaux détails s’ajoutent à chaque fois mais ne nous permettent jamais de vraiment reconstituer l’histoire, si ce n’est à la fin du roman qu’on se prend une claque, car on ne s’y attendait pas. [...] C’est aussi de mal amour dont il est question ici, de non maternité, un sujet tellement dur que Sabine Huynh ose pourtant aborder. On suit la narratrice qui s’enfonce dans la folie au fil de son journal et on s’enfonce avec elle et l’enfant dans la mer. L’écriture est pesée, on sent l’importance de chaque mot, chaque phrase. Le tout est bien mené, bien ficelé. La dimension psychologique, le remuement au profond de l’être et des racines est remarquable. Quand sortira le prochain roman de Sabine Huynh ? J’en suis déjà fan." (Cécile GUIVARCH, Terre à ciel, sept. 2013)

The words swallow the reader, who cannot but read this book in one go. Sabine Huynh’s writing sweeps us, pulls us in and we get very much shaken about, as if out in the open sea. The narrator is a mother, who writes, without spelling things out, and that’s the reason why we get hooked. We know from the first lines that something disturbing occured, but we don’t manage to put our finger on it, although we get more and more convinced that it must have been something terrible. Sabine Huynh always takes us back to that starting point, that moment when something happened, that place. Details are added as the story unfolds, but the reader is never able to piece the story together, except at the very end of the book, which, totally unexpected, feels like a hard slap. [...] The book is about lack of love, lack of maternal support, and refusal of motherhood, a very difficult topic which Sabine Huynh dares tackle nevertheless. The narrator sinks into madness as the pages of her diary get written, and the reader sinks into the sea with both mother and child. The writing is strong, mastered, one feels that each word and each sentence have their role. The book is well put together. The psychological dimension, the deeply rooted questioning of the troubled mind are remarkably well rendered. I cannot wait for Sabine Huynh’s next book, I’ve become a fan. (Cécile GUIVARCH, Terre à ciel, September 2013)

 

"Aucune date n'est précisée, seuls les jours sont mentionnés comme un ultime ancrage dans la réalité. Le lecteur oublie qu'il a un livre en mains, la voix de la narratrice pulvérise toute construction fictive, ne s'entend qu'elle, l'écriture diariste accentue aussi cet effacement de l'auteur. [...] Impossible maternité. Mais comment tuer l'enfant sans se tuer soi-même ? Les tentatives vont se répéter, échouer.  [...] Dérive violente, insoutenable... Ce journal n'est pas celui d'un infanticide mais d'une quête de soi désespérée. [...] Nul aveu, nulle vérité autre que celle de l'écriture, fil, ultime viatique pour s'extraire du vide. [...] L'écriture est magmatique, lumineuse, à l'image du prénom "Estelle" - Étoile. Toute la beauté de ce livre est là." (Marie-Christine MASSET, Phœnix, oct. 2013)

Not a single date is mentioned, only the days, as a last anchorage in reality. The reader forgets he is holding a book, the narrator's voice pulverizes attempts at fictional construction, hears but itself, and diary writing puts an emphasis on the obliteration of the author. [...] Impossible motherhood. But how can one kill the child without killing oneself? The repeated attempts fail. [...] Violent drifting, unbearable... This diary isn't the telling of an infanticide but rather a desperate search for oneself. [...] You won't find any confession in this book, no other truth than the truth of writing, which has become the last thread and viaticum the narrator has found to try and pull herself out from the void. [...] The writing style is magmatic, luminous, just like the name "Estelle" - Star. All the beauty of this book is there. (Marie-Christine MASSET, Phœnix, October 2013) 

 

"In the deceptively simply titled "La Mer et l'enfant", Vietnamese-French novelist, poet, translator, and journalist Sabine Huynh explores the depths of human emotion, language, and memory, illuminating the permeability of narrative -- historical vs. personal, generational vs. individual, external vs. internal, etc. Why write? And for whom? asks the narrator, ostensibly a mother writing to a daughter lost to her thirty years before. In her struggle to explain a bewildered, fraught motherhood to a daughter she does not know, we see how the narratives we are born into and are shaped by and those we give birth to are intertwined. A mother's voice inevitably is infused with that of the daughter she once was -- and how alive, how painfully human is the voice Huynh's language evokes. And yet the narrator's present is no more reliable than what she writes of her past. Reminiscent of Marguerite Duras (and not merely because she is mentioned) -- unflinchingly dark, haunting, disturbingly beautiful." (KU, Amazon.com, December 2013)

 

Extraits lus par Sabine Huynh le 15 juin 2013 à la bibliothèque Marguerite Audoux (Paris), lors de la Nuit Remue 7, publiés dans le magazine d'été 2013 de la revue Remue.net. Captations sonore et vidéo ici.

Entretien radiophonique entre la journaliste Jacqueline Behar et Sabine Huynh, diffusé sur les ondes de la radio Kol Israel le 28/12/2013.


 


 
Photographies : Anne Collongues.
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
Je suis condamnée à écrire pour presque dire.
I am doomed to write and never quite say it.

 
Copyright © Sabine Huynh 2011-2016
Sauf indication contraitre, textes et photographies © Sabine Huynh