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pas d'ici, pas d'ailleurs

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Le sans-lieu inaugure le délire.

(Alain Suied)

 

des occasions de plaisir, d'émotion, d'admiration

(Philippe Jaccottet, au sujet de l'anthologie poétique Une constellation tout près, qu'il a réalisée)

 

 
 
pas d'ici, pas d'ailleurs (Voix d'encre, 2012) : anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines
 
Présentation et choix : Sabine Huynh, Andrée Lacelle, Angèle Paoli, et Aurélie Tourniaire, en partenariat avec la revue Terres de Femmes
(Parution : août 2012, Voix d'encre).
 
Préface : Déborah Heissler, lauréate 2011 du Prix international de poésie francophone Yvan Goll et du Prix du poème en prose Louis Guillaume 2012 (Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, Cheyne éditeur, 2010).
 
Lire la fiche de l'ouvrage sur le site des éditions Voix d'encre.
 
Lire l'introduction dans son intégralité sur le site de la revue de poésie contemporaine Terre à ciel (introduction de Sabine Huynh).  
 
Published in August 2012 with Voix d'encre: world anthology of women's modern poetry in French, entitled pas d'ici, pas d'ailleurs, prepared by Sabine Huynh, Andrée Lacelle, Angèle Paoli, and Aurélie Tourniaire (preface written by Deborah Heissler).
 
Actualités 
 
Le 13 juin 2013 à Marseille
Lieu : bibliothèque de l'Alcazar.
Heure : 14h-17h
Descriptif :
Présentation et lecture-débat : anthologie pas d'ici, pas d'ailleurs
Coordination de la rencontre : Françoise Donadieu.
Lectures : Angèle Bassolé, Jeanine Baude, Claudine Bertrand, Geneviève Bertrand, Denise Desautels, Françoise Donadieu, Sylvie Durbec, Myriam Eck, Joëlle Gardes, Sabine Huynh, Béatrice Machet, Angèle Paoli, Diane Régimbald, Aurélie Resch, Hélène Sanguinetti, Roselyne Sibille.
 
 
Le 7 juin 2013 à Paris
Lieu : Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice.
Heure : 14h30-15h45
Descriptif :
Descriptif : présentation de l'anthologie par Sabine Huynh et Angèle Paoli et lecture sur le podium des poètes de l'anthologie, avec la participation de (dans l'ordre de lecture) : Angèle Bassolé-Ouédraogo, Béatrice Libert, Béatrice Machet, Catherine C. Laurent, Denise Desautels, Diane Régimbald, Emmanuelle Favier, Jacqueline Persini-Panorias, Josyane De Jesus-Bergey, Maria Desmée, Maria Maïlat, Marie-Ange Sebasti, Martine Morillon-Carreau, Myriam Eck, Nicole Gdalia, Tamirace Fakhoury, Anne-Marie Soulier, Brigitte Gyr, Cécile Cloutier, Colette Nys-Mazure, Françoise Lison-Leroy, Gabrielle Althen, Jamila Abitar, Mireille Fargier-Caruso, Sylvie Fabre G., Anne Mulpas, Claudine Helft, Hélène Sanguinetti, Julienne Salvat, Luce Guilbaud, Maïa Brami, Sabine Péglion, Sylvie Durbec, Anne Mounic, Bernadette Engel-Roux, Claudine Bohi, Anissa Mohammedi, Béatrice Brérot, Carole Darricarrère, Danielle Fournier, Sophie Loizeau, Anne Talvaz, Claudine Bertrand, Françoise Clédat, Françoise Coulmin, Jeanine Baude, Marie-Florence Ehret, Martine Jacquot, Renata Ada Ruata, Sylvie Latrille, Claude Ber, Déborah Heissler, Laure Cambau, Marielle Anselmo, Roselyne Sibille, Suzanne Dracius.  
 
 
Le 9 mai 2013 à Tel Aviv
Lieu : Institut Français de Tel Aviv, Israël.
Heure : en soirée, à préciser (sûrement vers 19h30)
Descriptif : L’Institut Français de Tel Aviv, son directeur M. Olivier Rubinstein, et son attachée au livre Mme Roselyne Déry vous invitent à une soirée poétique qui aura lieu sur la magnifique terrasse de l’Institut. Une première partie sera consacrée à
l’anthologie pas d’ici, pas d’ailleurs, et une seconde à Esther Tellermann et à son immense travail poétique. Avec : Esther Tellermann, Sabine Huynh, Colette Leinman, Esther Orner, Angèle Paoli, Danielle Schaub, Roselyne Sibille...
 
 
Le 4 avril 2013 à Marly Le Roi
Lieu : Théâtre Jean Vilar, à Marly-Le-Roi, France
Heure : 20h
Descriptif : Dans le cadre du café-poésie animé par Sabine Péglion, qui se tient régulièrement à Marly-Le-Roi, dans les Yvelines (à l'ouest de Paris, à environ 20 min. du centre-ville parisien), une soirée dont la première partie est consacrée à l'anthologie poétique pas d'ici, pas d'ailleurs et la seconde au travail de la poète Lydia Padellec (éditions de la Lune bleue). Avec : Gabrielle Althen, Sabine Huynh, Aurélia Lassaque, Lydia Padellec, Angèle Paoli, Sabine Péglion. Une soirée animée par Sabine Péglion.
Des poèmes des 24 auteures suivantes ont été lus : Agnès Schnell, Myriam Montoya, Tamirace Fakhoury, Bluma Finkelstein, Cécile Cloutier, Gabrielle Althen, Rita Bassil, Sylvie Fabre G., Angèle Paoli, Juliette Zara, Claudine Bohi, Sabine Péglion, Isabelle Pouchin, Itzela Sosa, Béatrice Brérot, Claudia Carlisky, Hélène Dorion, Andrée Lacelle, Aurélia Lassaque, Denise Boucher, Déborah Heissler, Denise Le Dantec, Laurence Verrey, Louise Cotnoir, et Lydia Padellec.
 
Le 8 mars 2013 à Ottawa
Lieu : Café alternatif, Université d’Ottawa, Canada
Heure : 20h
Descriptif : À l’occasion de la Journée internationale de la femme et dans le cadre de la semaine de la Francophonie, l’Association des auteurs de l’Ontario français (AAOF) est heureuse de produire cet événement et d’offrir comme prix de présence un exemplaire de l’anthologie pas d'ici, pas d'ailleurs.
Poètes présentes : Angèle Bassolé-Ouédraogo, Claire Boulé, Nicole V. Champeau, Cécile Cloutier, Margaret Michèle Cook, Denise Desautels, Martine Jacquot, Andrée Lacelle, Aurélie Resch, Lélia Young.
Musique : Pierre-Luc Clément
Pour toute question, merci de contacter l’AAOF.
communications@aaof.ca

 
 
Le 9 décembre 2012 à Montréal
Après Paris et Lyon, lancement à Montréal de pas d'ici, pas d'ailleurs, le dimanche 9 décembre à 15h à la librairie Gallimard, 3700, boulevard Saint-Laurent, Montréal.
Un vin de l'amitié est servi.
Y ont lu leurs poèmes parus dans l’anthologie :
Martine Audet, Denise Boucher, France Boucher, Claire Boulé, Nicole Champeau, Cécile Cloutier, Margaret Michèle Cook, Louise Cotnoir, Denise Desautels, Louise Dupré, Madeleine Gagnon, Andrée Lacelle, Diane Régimbald, Nelly Roffé, France Théoret.

 
Le 30 octobre 2012 à Lyon, 19h00, bibliothèque municipale du 2ème arrondissement : Angèle Paoli, Sabine Huynh et Aurélie Tourniaire vous invitent à vous joindre à elles pour une soirée "Jeux dits de la poésie", animée par Pierre André, bibliothécaire, autour de l'anthologie poétique pas d'ici, pas d'ailleurs et la maison d'édition Voix d'encre. Avec Alain et Françoise Blanc (Voix d'encre), Anne-Lise Blanchard, Béatrice Brérot, Louise Cotnoir, Sylvie Durbec, Bernadette Engel-Roux, Sylvie Fabre G., Sabine Huynh, Angèle Paoli, Sabine Péglion, Nathalie Riera, Annie Salager, Hélène Sanguinetti, Marie-Ange Sebasti, Laurence Verrey, et d'autres poètes de Lyon et d'ailleurs, comme Michaël Glück, Charles Juliet... Un premier rendez-vous exceptionnel.
Bibliothèque municipale de Lyon, 2ème arrondissement, 13 Rue de Condé 69002 Lyon, France.
 
 
Le 31 octobre 2012 à Paris, à la librairie La Lucarne des Ecrivains, à 19h30. (115 rue de l'Ourcq, 75019 Paris)
avec Angèle Paoli, Sabine Huynh et Aurélie Tourniaire, soirée littéraire autour de l'anthologie poétique "pas d'ici, pas d'ailleurs" (Voix d'encre, 2012), à partir de 19h30.
La soirée comporte une présentation de l'anthologie, des lectures de poèmes (les poètes lisent leurs propres textes parus dans l'anthologie), et une discussion amicale autour de la necessité d'une anthologie de voix féminines contemporaines en langue française.
Avec Angèle Paoli, Sabine Huynh, Marielle Anselmo, Myriam Eck, Maïa Brami, Anne Savelli, Sabine Péglion, Marie-Florence Ehret, Anne Ortiz Talvaz, Ghyslaine Leloup, Anne Mulpas, Claudia Carlisky, Brigitte Gyr, Anne Mounic, Claudine Bohi, Monique Akkari, Suzanne Dracius, Maria Desmée, Luce Guilbaud, Isabelle Raviolo, Laurence Verrey, Judith Chavanne, Linda Maria Baros, Hélène Lanscotte... et d'autres poètes de Paris et d'ailleurs. 

Chroniques 

par Jacqueline Saint-Jean, parue dans la revue Texture, rubrique Chemins de lecture

Anthologie poétique féminine : « Pas d’ici, pas d’ailleurs »

223 textes poétiques de 156 auteures nées dans 28 pays.

Longuement portée, mûrie, orchestrée, par Sabine Huynh, Andrée Lacelle, Angèle Paoli et Aurélie Tourniaire, préfacée par Déborah Heisssler, superbement éditée par Alain Blanc, cette anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines est au sens fort étonnante. Par sa problématique, son ouverture, sa conception, son ampleur (300 pages). Ici, pas de cloisonnements rituels ou parti pris d’école. Mais une composition en sept mouvements, sorte d’odyssée d’écritures, qui s’embarque « sous les cieux de l’errance », plonge « dans les flots du temps », s’enfonce « au royaume des ombres », fait halte au cœur d’instants solaires « dans l’île de la nitescence », explore « les contrées de l’intime », s’aventure « vers les caps de l’imaginaire », pour se réverbérer « sous une voûte de voix et d’encre ». Certes non exhaustive - c’est la loi du genre -, elle n’en ouvre pas moins un vaste espace polyphonique, où viennent vibrer, s’entrecroiser, se répondre, de multiples voix de femmes de tous horizons. « Nous avons opté pour la culture-monde » dit Sabine Huynh. La parole poétique interroge ici l’identité et l’altérité, l’errance, cet « appétit du monde » qui « nous préserve des pensées de système » (E.Glissant).
Mais « le lieu est incontournable » affirme aussi Glissant. Présent ou perdu, il s’inscrit ici fortement dans l’écriture, terres, rues, esprits du lieu, saveurs et blessures d’enfance, généalogies réelles ou imaginaires, sépultures, langue des pères, miroir des mères, mots oubliés, livres « comme des mains que je promenais sur le monde » (Sylvie Fabre). Mais aussi ses fixités, ses enfermements, « ce monstre du même » dont nous voyons toujours les ravages.
Alors, on part pour renaître, pour « déjouer la chaîne des parentés » (G Vidal-de Guillebon). L’ailleurs tend ses vertiges. Migrations. Exils. Mots déracinés. L’écriture a partie liée avec l’errance. Voyageuse immobile, on émigre parfois à l’intérieur. Mouvance. Fluidité. Métamorphoses. Toujours « inachevée », « l’identité, c’est un mouvement » dit Adonis. Entre deux terres, on tisse, on métisse des isthmes de mots. On s’écartèle, on s’amplifie. « Grande rapailleuse » d’Andrée Lacelle, « le regard germé de lieux et de temps ». (Florence Noël).
Parfois, ni d’ici ni d’ailleurs le texte ouvre un « transmonde » (Myriam Montoya), un Nulle part, ou l’appel des marges et lisières. Les mots se font demeure. « Poème, terre d’accueil et de retour » (Claudine Helft). Et « tu n’habites que ta voix » (Marlena Braster). Où se cherche parfois « une langue au souffle immense » (France Burghelle Rey).
Prose ou vers, lyriques ou conteuses, minimales ou foisonnantes, fluides ou éclatées, croisant l’ordinaire et l’onirique, introspectives ou intertextuelles, nourries de mythes et grands récits nomades, greffées d’autres langues, des écritures multiformes, en quête de « cette force du poème qui déplace les évidences et les frontières » (Aurélie Tourniaire).
Un très beau livre, à découvrir, à faire connaître, à offrir !

 

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Par Gabrielle Bonifaci, dans la revue en ligne Voix plurielles, de l'Association des Professeurs de français des universités et collèges canadiens (vol. 9, No. 2, 2012).

Trois-cent trente-trois pages - c’est-à-dire deux-cent vingt-deux textes - de poésie contemporaine francophone et féminine à lire ; une ronde d’inédits - en soi, une très belle initiative et, pour les lectrices et lecteurs, une véritable trouvaille - à couper le souffle tant leur rythme emporte l’imagination. Cette anthologie est un tour du monde et une ouverture aux quatre vents ; les voix réunies nous viennent du Canada, de l’Afrique, du pourtour méditerranéen, des îles de l’un ou l’autre continent, de l’Amérique du Sud, de l’Asie, de toute l’Europe. Certaines sont peut-être mieux (re)connues ; d’autres sont sans doute de nouvelles venues. Elles répondent à l’appel des coordinatrices de cette imposante aventure de par le monde. Ces dernières ont souhaité nous guider à travers un labyrinthe infini, celui de la création littéraire et, encore plus, celui « des citoyens du monde que nous sommes devenus », autour des motifs « de la demeure et du voyage, de l’exil, du familier et de l’étranger, du dedans et du dehors, des ballottements d’un enfant d’une culture à l’autre, des identifications multiples et des remises en cause de soi » (Huydn 9). Nous entrons en nomadisme et en « étoilement » (10) et, comme nous le soufflent les titres des sections, « sous les cieux de l’errance », « dans les flots du temps », « au royaume des ombres », « sur l’île de la nitescence », « dans les contrées de l’intime », « vers les caps de l’imaginaire » et « sous une voûte de voix et d’encre », dans tous les lieux et leurs interstices, là où la voix se forme et se répand. Sabine Huynh voulait « chercher l’ailleurs » dans un « moi éclaté » (7) ; Andrée Lacelle penchait pour « l’éparpillement », « ni d’ici ni de là, un pas ici, un pas là » (7) ; Angèle Paoli désirait aller « bien au-delà de la préoccupation obsédante et paralysante de ‘l’identité nationale’ » (9) ; pour sa part, Aurélie Tourniaire a « rêvé » d’« errances géographiques ou identitaires » et « de ce simple lieu, supplémentaire, de poésie » (8). Qu’on ne s’y trompe ; le lieu est partout à chaque page de l’anthologie, mais au pluriel et jamais exclusif, jamais définitif. Les lieux de ces femmes poètes demeurent fluides et dynamiques. A chacune et chacun de s’attarder dans ceux qui lui plaisent ou l’intriguent, de les feuilleter ou de s’y reposer. Voix plurielles 9.2 (2012) 183 Ce qui frappe, ce sont, une fois posés les jalons de la problématique, les glissements et les évasions hors du terrain tracé, aussi large soit-il. Les voix sont distinctes, uniques ; ici, un soupçon de fronde ; là, une rêverie de voyage ; ailleurs, un émerveillement du paysage ; très souvent, une intertextualité savante et innovatrice, une observation avertie et sans faille. A la lecture, on s’imagine des collages, des tableaux, de larges fresques et des miniatures précieuses, des envolées et des horizons renouvelés. A parcourir l’ouvrage, on ne manquera pas, je crois, de penser au spectacle du ciel, de ses nuages et de ses apaisements, élément commun à nous tous et que nous reconnaissons, quelles que soient nos origines, convoyeur de libertés dans la pensée et la création et panorama où toutes et tous sont invités. Pas d’ici, pas d’ailleurs témoigne de la vivacité de l’écriture en français, que cette langue soit dominante ou minoritaire, langue première ou langue choisie. Il est rassurant de voir se côtoyer des auteures de réputation internationale, publiées par de grandes maisons d’édition, et d’autres qui ont sans doute plus de mal à se faire entendre en raison d’un accès limité à la diffusion. A mon avis, c’est là la grande originalité de cette collection de poèmes, qualité dont on aimerait se délecter plus souvent. C’est aussi dans ce sens que cet ouvrage n’est ni d’ici ni d’ailleurs ; il a su sortir des ornières institutionnelles pour se faire littérature tout court et non littérature d’une école, d’un mouvement, d’une culture ou d’un pays, que l’on soit née en Transylvanie, dans l’Ardennais, à Saïgon, en Kabylie ou à Beit Chabab, dans l’Aveyron ou à Hawkesbury, depuis Bello en Colombie en passant par Ottawa puis Paris, jusqu’à Trèves en Allemagne, Tel-Aviv, le Burkina Faso et Tokyo, pour se retrouver après ce tour de la terre, en Martinique ou à Sao Paulo.

 

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par Julie Proust Tanguy, parue sur le site de critique littéraire De Litteris (26/10/2012)

Il serait si facile de réduire ce beau volume à quelques chiffres impressionnants, mais nécessairement réducteurs : 222 textes, signés par 156 poétesses contemporaines, plus de 300 pages de verbe étincelant consacré au nomadisme, jaillissant depuis 14 pays francophones.

Quatre courageuses anthologistes (Sabine Huynh, Andrée Lacelle, Angèle Paoli, Aurélie Tourniaire) qui, sans compter leurs heures, ont établi cette constellation de vers à sept branches symboliques (sous les cieux de l’errance, dans les flots du temps, au royaume des ombres, sur l’île de la nitescence, dans les contrées de l’intime, vers les caps de l’imaginaire, sous une voûte de voix et d’encre), qui prolonge le merveilleux travail de la revue Terres de Femmes (sans doute l’un des plus beaux sites poétiques existant aujourd’hui).

Ce serait si facile. Et si réducteur, tant il y a là un travail exceptionnel, essentiel, fondamental, digne de nombre de superlatifs respectueux et enthousiastes.

Pas d’ici, pas d’ailleurs propose une déclinaison de voix essentielles, celles des grandes absentes de la plupart des anthologies contemporaines, celles de ces poétesses que l’on efface ou que l’on oublie si volontiers, réservant le peu d’or projeté aujourd’hui sur la poésie contemporaine à quelques hommes. Nul militantisme forcené derrière ces étoilements de voix, nulle tentative vaine de cerner une certaine spécificité de la poésie féminine (ne serait-ce pas la réduire, que de vouloir l’enfermer dans quelque caractérisation maladroite ?) : une simple et belle remise en lumière. Un rassemblement fécond. Une cartographie de la richesse poétique contemporaine.

Elles sculptent des blancs mallarméens, elles pétrissent le rythme, elles forgent des voies narratives, elles jonglent des mélodies, elles glanent la beauté du monde, elles errent le verbe hors frontière, hors sexe. Elles pluralisent une même langue, qu’elles détrempent parfois d’autres vocables-territoires, elles disent l’infinité des chemins de l’intime et de l’autre, elles étrangent le familier et apprivoisent le dehors. Elles maçonnent l’encre en fumées de sons, elles expérimentent les recoins saillants du verbe et les contours fuyants des silences. Elles brassent l’imaginaire contemporain comme les figures d’antan, elles convoquent l’hors-temps de l’enfance comme la modernité brutale, elles disent l’arbre, le ruisseau, l’océan agité comme l’amertume du béton et la solitude des villes. Elles traversent les ombres errantes comme les rayons frêles, dévident le glossaire des soupirs comme des cris rieurs. Elles rapiècent le conte au réel, l’absence et la présence pure, le corps et ses fantômes, le chant et la matérialité des choses. Elles salivent les ruines, elles ébrèchent l’enfance, elles tessonnent le proche, elles étoilent le lointain. Elles lyrisent, elles assènent, elles effacent, elles ressassent, elles fissurent, elles faillent, elles lient, elles renouent, elles brisent, elles griffent, elles biffent, elles incantent, elles suggèrent, elles élancent… Elles-poésies.

Sous la pluralité des voix, la langue française, étrangère, familière, dit leur identité profonde, dit leur communauté, bien au-delà des frontières et du temps (étranges textes à la fois intemporels et contemporains !): celles de nomades du verbe, celles d’errantes éveillées à travers la langue. Peu importe alors qu’elles se réclament d’une origine, d’un temps, d’une enfance, de certaines influences poétiques, elles ont toutes la même patrie, cet amour de la langue qui, chevillé à leurs âmes, leur dessine des corps d’encre et de papier. Peu importe, même, qu’elles soient femmes, seule compte l’infinité de chemins et de voix qu’elles nous proposent, comme autant de portes d’accès à notre intimité de la langue, à notre conscience du monde.

Les anthologistes l’ont bien compris qui, intelligemment, les ont rassemblées sous la bannière, non de leur féminité, mais de ce nomadisme fondateur, thème condensant la modernité dans toute son altérité et sa pluralité, élan qui transcende les pulsations poétiques contemporaines. Qu’elles soient vivement félicitées et remerciées, et avec elles toutes ces voix d’exception qui font émerger, au fil des pages, la lumineuse évidence de la nécessité poétique.

Merci, oui, merci pour cette anthologie essentielle et élévatrice, qui doit prendre place dans toute bibliothèque d’amoureux de la poésie et de la langue française, et qui m’ouvre de belles pistes de découvertes.

 

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par : Matthieu Baumier, parue dans la revue Recours au poème (25/10/2012)

Anthologie "pas d’ici, pas d’ailleurs"

 

  Ce sont des voix, ce sont des pas, elles marchent depuis ici, depuis ailleurs, elles sont autant d’ici que d’ailleurs, et cette anthologie est de notre point de vue l’événement poétique de cet automne. Un livre à ne manquer sous aucun prétexte. Il faut d’ailleurs en profiter pour saluer le courage éditorial de Voix d’Encre : publier un tel « monstre » en ce moment, ce n’est pas rien. Qu’on en juge : plus de 300 pages, 222 textes signés par 156 femmes poètes écrivant en français, mais pas seulement, et originaires ou vivant… ou ayant vécu en divers endroits du monde. Outre la qualité indéniable des voix ici publiées (bien sûr, chacun lira dans un tel volume selon son goût et son univers personnel), c’est cela qui frappe d’emblée : pas d’ici, pas d’ailleurs est un acte poétique en lui-même, par son ouverture réelle au monde entier. Une sorte de réponse poétique à la globalisation économique. Comment pourrions-nous, au sein de Recours au Poème, être insensibles à une démarche de cette sorte ? Les esprits chagrins (et vieillots) diront qu’il n’y a que des femmes. Et alors ? Toute anthologie est fondée sur un choix de départ, et l’écoute des voix féminines contemporaines est la ligne de crête de cette anthologie. Très bien. On imagine le temps et le travail nécessaires, même si les architectes du volume sont quatre, pour mettre en œuvre une aventure pareille. L’idée est venue à Sabine Huynh, écrivain, poète et traductrice dont la vie est et a été nomade, tandis qu’elle marchait dans la neige à Ottawa. Elle venait de découvrir l’anthologie de poésie féminine contemporaine de langue anglaise. Pourquoi pas dans le domaine francophone ? Le projet s’est mis en place en collaboration avec Angèle Paoli, Andrée Lacelle et Aurélie Tourniaire. Bien sûr, il y a quelque chose de fémininement « militant » dans une telle anthologie. Tant mieux ! En cette époque où des malades, se prétendant « humains », sont acquittés de leurs actes de viols collectifs, au cœur de la République française, par les tribunaux, il est bon que de telles voix poétiques et féminines, fondamentalement humaines, se fassent entendre. 

  Le volume va bien plus loin que cela. Il ne s’agit ici évidemment pas de défendre une quelconque identité, féminine ou autre, mais bien au contraire d’affirmer le caractère contemporain d’une partie de plus en plus grande de l’humanité (car la poésie parle de l’homme tout autant que la  philosophie) : un caractère nomade. Le monde s’est ouvert. Tous les êtres humains ne sont pas encore impliqués, essentiellement pour des raisons économiques, parfois aussi culturelles, mais c’est un fait. L’ouverture du monde est pour l’homme un fait historique majeur. Et ce n’est que le début. Sabine Huynh écrit ainsi : « nous avons opté ici pour la culture-monde, à l’opposé des cultures du monde ». Acte. C’est de notre naissance collective dont parle cette aventure. Et cela nous plaît, à nous qui, dans Recours au Poème, sommes des vagabonds de la poésie.

 Sabine Huynh et ses amies ont donc demandé des poèmes autour du nomadisme à des poètes femmes connues ou non, souvent éditées ou non (sinon en revue). Des poèmes inédits. Le tout est organisé en sept parties (chiffre symbolique que Recours au Poème affectionne tout particulièrement) : sous les cieux de l’errance, dans les flots du temps, au royaume des ombres, sur l’île de la nitescence, dans les contrées de l’intime, vers les caps de l’imaginaire, sous une voûte de voix et d’encre. J’aime cette dernière idée, d’une voûte étoilée toute de voix et d’encre peinte. L’ensemble est de toute beauté et de très haute facture, nécessaire. On lira dans ces pages nombre de poètes publiées ou amenées à l’être par nos soins, bien d’autres aussi, que nous découvrons parfois. Impossible de citer les unes ou les autres, ce serait trop subjectif. Et puis… un peu de courtoisie à l’ancienne ne fera pas de mal en ces temps troublés où l’on oublie trop souvent que la féminité est cette part de notre humanité portant la vie en elle. C’est un des noms de la poésie. Toute bibliothèque digne de ce nom comportera ce pas d’ici, pas d’ailleurs

 

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par VALÉRIE LESSARD (pour le quotidien canadien francophone LE DROIT, édition weekend du samedi 22 septembre 2012, rubrique “Arts et Spectacles”)

Anthologie de poètes francophones contemporaines

VOIX DE FEMMES D’ICI, D’AILLEURS ET BIEN D’AUJOURD’HUI

VALÉRIE LESSARD

vlessard@ledroit.com

 

« Être…/Tout un territoire ouvert/Où la frontière n’est que notre propre limite ».

Ces quelques vers de la Roumaine d’origine et Française d’adoption Maria Desmée résument bien l’esprit de pas d’ici, pas d’ailleurs – Anthologie poétique francophone de voix contemporaines, qui vient d’être publié chez Voix d’encre.

Regroupant quelque 223 textes inédits, écrits en français par 156 femmes provenant de plus d’une trentaine de pays, l’impressionnant recueil foisonne de mots et de maux, de questionnements et de réflexions identitaires, d’émotions intimes et de  mouvances géographiques, passant du personnel à l’universel, dans une prise de parole transcendant les frontières physiques. Dans tous les sens du terme.

 

La poésie pour donner sens

« La poésie relève le défi de donner sens, de sonder, de questionner. Cette quête de signifiance est flagrante, dans ce livre. Pour moi, il existe une manière d’être au monde, d’appréhender ce monde qui est différente qu’on soit homme ou femme. Ici, toutefois, cette quête identitaire déborde la seule notion de  sexe féminin, et elle ne pouvait y parvenir qu’en assumant pleinement la féminité des voix retenues », fait valoir l’une des instigatrices du projet, la Franco-Ontarienne Andrée Lacelle.

L’appel à toutes, lancé en mars 2010, a été entendu aux quatre coins de la francophonie. Sabine Huynh, Mme Lacelle, Angèle Paoli et Aurélie Tourniaire ont eu par la suite la délicate tâche de sélectionner, parmi environ 1500 textes soumis par plus de 400 poètes, ceux qui, aujourd’hui, font écho à sept grands thèmes allant de l’errance à la nécessité de s’écrire, en passant par l’exploration du temps, de l’imaginaire et de l’intime.

« J’ai chanté être/À tous les temps/Je suis de là et d’ailleurs/ Je suis d’ici et de là/Je serai toujours/L’Exil », écrit l’Ottavienne Angèle Bassolé-Ouédraogo, née en Côte d'Ivoire.

Une autre Ivoirienne, Tanella Boni, aujourd’hui établie en France, décrit et décrie sa réalité : « Nous avons quitté ce pays/ Le cœur en bandoulière/Et nos peaux en lambeaux/Gardent encore/Le silence indéchiffrable/Collé aux fenêtres/Des grandes illusions/Que les bien-pensants/Acclament/À bras ouverts ».

Elles creusent, cherchent des réponses, se répercutent, interpellent, prennent position.

Elles s’inscrivent et se conjuguent à tous les temps, comme France Burghelle Rey :  « Tant pis si l’avenir promet des ruines/Les portes du présent sont une merveille/du monde et  j’y écris mon  nom. »

Elles espèrent, telle Anne Mounic : « Que cette langue de réciprocité du poème/soit prière où nous puisions la confiance d’être –/le gant jeté à la fatalité ». Le contenu s’image : « tenir des arbres les racines et puis le geste planté debout » (Albane Gellé). S’enracine dans l’écriture : « Ma demeure n’est rien d’autre que les mots/Qui respirent parmi les continents » (Marie Sunahara).

 

Une espèce d’âme unifiante

« Chaque texte est singulier, comme chaque poète l’est, mais pris dans l’ensemble, on ressent un élément de rencontre et d’échanges. Une espèce d’âme unifiante… » mentionne la poète Andrée Lacelle.

À  travers ces voix plurielles, de forme et de fond, la vingtaine de Canadiennes retenues se font entendre. De Denise Boucher à Nicole V. Champeau, d’Hélène Dorion à Cécile Cloutier, de Madeleine Ouellette-Michalska à Claire Boulé, elles le font elles aussi dans toute leur diversité et dans tous leurs accents.

Andrée Lacelle n’est d’ailleurs pas peu fière de constater que ces dernières trouvent leur place pour une première fois dans une telle anthologie.

« J’ai été étonnée par l’abondance et la beauté de ce nous avons reçu, et surtout heureuse de voir où nous sommes rendues dans notre écriture, ici », soutient-elle d’un ton ravi.

(Le Droit, édition weekend du samedi 22 septembre 2012, rubrique “Arts et Spectacles”)

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Par Marie-Thérèse PEYRIN, La Cause des Causeuses (28/10/2012)

 

Cette rencontre représente pour moi bien davantage qu'une occasion de découvrir la mise en présence d'écritures « retenues » par nos quatre «  assembleuses » : Sabine Huynh, Andrée Lacelle, Aurélie Tourniaire et Angèle Paoli (amie de longue connivence personnelle et littéraire , « Causeuse » parmi nous, même de loin ...) et de leur préfacière Déborah Heissler.

Les écritures sont comme des pays qu'on choisit ou non traverser, d’arpenter ou d’ ignorer  sans avoir de compte à rendre, sinon à soi-même, et encore... rien ni personne n’a le pouvoir de nous y contraindre avec la totalité de nos possibilités d’intérêt.  Il y a tant d'écritures à explorer autour de chacun(e) que l'on peut s'y perdre et oublier les manières d'y trouver un chemin de lecture qui puisse nous ramener à bon port.  Autant dire, au silence de la réplétion qui apaise tout.

 La poésie a l'avantage de réduire le nombre de mots et de condenser les directions si bien qu'il paraît plus facile d'en abandonner certaines pour privilégier celles qui nous parlent le mieux. Il n'y a donc aucune honte à déclarer qu'une telle anthologie ne sera jamais lue de manière linéaire, ni même égale en matière d'attention et d'adhésion.

Il y aura de la subjectivité assumée dans le choix des auteurs et des textes, la même sans doute qui a prévalu chez les quatre "assembleuses", que je vois comme des couturières sous leur lampe, ou même comme des « éclusières » ( cf le poème de Françoise Lison-Leroy p.105), en tout cas,  dans des environnements complètement différents.

Je me plais à imaginer le décor du travail qui a abouti à ce livre, je n'ai aucun mal à imaginer celui d'Angèle, en surplomb de la mer, et c'est avec bonheur  que je me restitue sa silhouette de femme active, au caractère trempé dans les odeurs marines et de maquis, à sourire intérieurement de ses emportements, ses coups de coeur, de sa pugnacité de colporteuse et de traductrice qui peuvent sembler anecdotiques, mais qui signent un reél engagement dans la langue partagée, en TerreS de FemmeS au pluriel, et c'est bien de cela qu'il s'agit. Non d'une revendication féministe qui agace tant de gens à cause de sa légitimité poil-à-gratter, de sa plainte inextinguible et récurrente, mais d'une émergence du féminin dans toute écriture qui révoque l'idée de maltraitance et d'ignorance dont souffre l'humanité depuis la nuit des temps.

 Venant tout juste de terminer la lecture d'un livre de l'Antillaise exilée Maryse CONDE "La vie sans fards", entendue récemment à la radio, je me sens d’autant plus prête à écouter la voix nouvelle de femmes. Les voix mêlées de femmes sans entraves autres que leur propre ambivalence devant les responsabilités que requièrent les prises de parole libre assorties d'actes d'indépendance qui soient non pas des ruptures mais des promotions sans caution infâmante, dans la vie littéraire mondiale.

Tout cela se trouve vraisemblablement dans PAS D'ICI , PAS D'AILLEURS. Je sais d'avance que cette thématique de liberté est présente sans avoir à vérifier.  Je sais aussi que cette anthologie n'est pas terminée, elle ne fait qu'égrener les désirs d'exister les plus pressants  et les plus expressifs du moment, elle ouvre une brèche vive dans le mur des lamentations de toutes « les chambres à soi » potentielles :

 

Comment choisir parmi 156 voix autrement qu’en ouvrant le livre au début, puis , très vite… au hasard ?… Ainsi pour amorcer un murmure qui ne fera que s’engrosser de lui-même à l’intérieur de moi et qui me conduira à ma propre voix en robe de poème…

J’ai commencé par retranscrire dans cette note,  les premiers mots, la première phrase , la strophe de chaque poème, avec l’idée d’aller dans le sens du livre… puis je me suis dit  que ce serait trop long, et qu’il fallait aller à la rencontre d’auteurs que je connaissais, les Lyonnaises, les écritures déjà appréciées grâce à leur rencontre sur internet…retrouver les amitiés d’écritures ayant résisté au temps et à l’éloignement… Puis pour finir, j’ai décidé de faire confiance aux lecteurs aux lectrices, attendre qu’ils ou qu’elles aillent entendre ce qui leur convient dans ce livre très « nourrissant »… 

Préférer laisser parler un homme, un lecteur, un psychanalyste épris de poésie François Gantheret qui cite Blanchot dans L’Espace littéraire… qui cite  lui-même Rilke grand amoureux des femmes :

 

Ô, dis-moi poète ce que tu fais. – Je célèbre.

Mais le mortel et le monstrueux,

comment l’endures-tu, l’accueilles-tu ? – Je célèbre.

Mais le sans nom, l’anonyme,

comment, poète, l’invoques-tu cependant ? – Je célèbre.

Où prends-tu le droit d’être vrai

dans tout costume, sous tout masque ? – Je célèbre.

Et comment le silence te connaît-il et la fureur,

ainsi que l’étoile et la tempête ? – Parce que je célèbre.

 

De la…

 

D

émesure  avec Agnès Schnell    p.15

 

L'heure était à l'absence

                        à cette nécessité portée

                        en creux dès l'origine,

                         à se dire en staccato

                         qui affolait

                         et refusait de se tarir

[...]

 

 

à…

 

L’

 oiseau de cendres  avec Sylvie-E. Saliceti      p.298

 

 Les marais rougissent de plumes affleurant sur la nuit du lac. J’ai vu des ailes de feu, de toute leur amplitude s’ouvrir entre deux silences. Adossées au rayon droit de la lune, elles se déployaient, lourdes, géantes, couvertes par l’encre de l’étang dont les fonds étanchaient une averse de siècles, puis une autre. J’ai bu jusqu’à la lie, le sang blanc, le sable où perce la parole  perdu. A la verticale du ciel tout a disparu sauf l’édifice de la page.

 

[ …]

 

Et si  comme Valérie ROUZEAU  « Je sors dans ma tête seule »… J’accepte volontiers de donner la main, à toutes les femmes qui ont fait en sorte que ce livre naisse et permette « la célébration » au delà du culte des personnes, dans la dimension du LIEU partagé, qui espère-t-on, peut protéger du  délire et de l’exil de soi à l’intérieur du langage  franchissant  les frontières de la francophonie et de la condition des femmes qui écrivent et publient.

J’attends avec impatience  après-demain pour saluer et embrasser certaines femmes du livre, qui en ressortiront bien réincarnées et je le souhaite, heureuses et interactives pour le plus grand  plaisir du public mixte et présent.

 

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Plus de chroniques :

par Pierre Nepveu, parue dans la revue Spirale, numéro 244 (extrait) : "un tel volume ne se résume pas, il essaime, se dissémine, se répand : ce nomadisme en acte n'est-il pas le propre de toute vraie poésie ?"

par Jacqueline Saint-Jean, parue dans la revue Texture, rubrique Chemins de lecture : "cette anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines est au sens fort étonnante"... "Un très beau livre, à découvrir, à faire connaître, à offrir !"

Par Julie Proust Tanguy, écrivain et critique littéraire, dirige le site De Litteris : Pas d'ici, pas d'ailleurs : "Merci, oui, merci pour cette anthologie essentielle et élévatrice, qui doit prendre place dans toute bibliothèque d’amoureux de la poésie et de la langue française". 

Par Matthieu Baumier, poète rédacteur en chef de la revue Recours au poème : Anthologie pas d'ici, pas d'ailleurs : "cette anthologie est de notre point de vue l’événement poétique de cet automne". 

Par Aline Louis, Maison de la poésie et de la langue française (Namur, Wallonie-Bruxelles)

Par Gilbert Desmée écrivain (poète, essayiste). Lire sa fiche sur le site de la Maison des Ecrivains et de la Littérature.

Par Estelle Cambe, dans la revue en ligne des littératures du Sud Cultures Sud : Paroles de femmes ou l'émergence d'une culture-monde

Par Marie-Téhrèse Peyrin, dans La Cause des Causeuses

Par Gabrielle Bonifaci, dans la revue en ligne Voix plurielles, de l'Association des Professeurs de français des universités et collèges canadiens.

 

 
 
 
 
 
 
Je suis condamnée à écrire pour presque dire.
I am doomed to write and never quite say it.

 
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